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  • "Avec la mer, on ne ment pas" , rencontre avec Olivier de Kersauson (1)

    Olivier de Kersauson

    Dans mon agenda, plusieurs rencontres de notées, et parmi elles, une rencontre, la rencontre. Celle que j'appréhende, celle qui m'intimide vraiment. Rencontrer Olivier de Kersauson est pour moi un événement. 

    Mariée à un marin, belle-fille d'un marin, mise sur un optimiste à l'âge de presque cinq ans, sur une planche à voile à neuf ans, ayant pour élément l'eau et fidèle auditrice depuis mes dix ans des grosses têtes, Olivier de Kersauson est le symbole de mon enfance, de mon adolescence et de ma vie. Un mec qui m'impressionne, et pour qui j'ai une admiration non feinte. 

    Un homme comme il y en a peu, un marin dans toute sa splendeur. Ces hommes qui bravent la mer, élément naturel contre lequel on ne peut rien, sont inévitablement des hommes que l'on ne peut qu'admirer. 

    Errante dans les allées du Festival, je croise Olivier de Kersauson. J'ose l'aborder. Son accueil est chaleureux même si ponctué d'un "Viens on va se mettre un peu plus loin pour discuter tranquillement". La conversation sera d'une vingtaine de minutes, où nous parlerons mer, voile, pêche, bateau, Vincent, Yves, Nice, restaurant, et vie tout simplement. 

    Olivier de Kersauson est face à moi. Je tourne le dos à la mer, et me le fait remarquer. Il me dit que lui ne peut être que face à la mer. Son regard bleu vous perce et invite au respect. Seuls le maritime et les femmes l'intéressent. Il aime la campagne aussi, mais avec vue sur la mer. La mer, c'est l'essentiel de sa vie. Le monde l'emmerde car le monde n'est pas simple, et lui il prône la simplicité qui est une vraie valeur.

    Il est heureux d'être ici à Nice. Il a hâte d'aller déjeuner avec  son ami Franz-Olivier Giesbert à "La petite maison", le meilleur restaurant du monde avec ses produits locaux. Ses yeux pétillent. Il n'aime pas spécialement la bouffe, il apprécie les bons produits, les produits du terroir. Il peut se nourrir de riz durant trois jours, ce n'est pas grave, tant qu'il y a la mer. 

    Pêle-mêle il me dit ne pas aimer signer ses livres, mais je n'ai qu'à passer toute à l'heure, il le fera. Il ne veut plus s'emmerder non plus avec la vie. Il est ici parce qu'il y a son ami Franz-Olivier. Il s'arrête, embrasse Michel Drucker et cause avec lui, attrape Irène Frain qui passait par là. 

    Il s'excuse, reprend la discussion. Il mène la discussion. Me demande des nouvelles de son ami Yves, patron de mon mari. Me demande de lui parler de mon mari Vincent, allume une clope (vogue violette), et me balance "Tu as épousé un mec bien, c'est le bon. Je ne le connais pas car il est trop jeune, mais il est bien ton mari, il sait ce qu'est la mer, et la mer ça ne ment pas". 

    J'esquisse un sourire, échange encore avec lui, quand soudain un photographe s'approche et demande à prendre une photo. Olivier de Kersauson le remet en place avec le vocable qu'on lui connait : "Tu vois pas que tu me casses les couilles, là. Je parle avec une amie, alors tu me laisses."

    L'heure tourne, le téléphone sonne. Olivier de Kersauson répond. C'est son ami Franz-Olivier qui le rappelle à l'ordre pour aller manger. Il raccroche, et me lance un "A toute à l'heure à la conférence, viens avec ton mari et Yves,  et je te signerai tes livres, même si j'aime pas ça". 

    Je reste plantée là, ne réalisant pas trop que je viens de passer quelques délicieuses minutes avec un homme que j'admire depuis mon plus jeune âge. Tout cela parait surréaliste et pourtant non. 

    Merci Olivier de Kersauson de ce précieux moment. 

  • Portrait d'un mec dans son époque

    IMG_0267.JPGSamedi dernier m'a été donnée l'occasion de rencontrer Bernard Pascuito, auteur de "La face cachée de Didier Deschamps", First Document. Il est près de dix heures, je m'installe à ses côtés à son stand, et c'est en toute décontraction que notre entretien commence. 

    Débutante dans l'exercice de l'interview, j'opte pour le bloc-notes et le crayon car je me sens plus à mon aise, et puis j'aime ce rapport à la feuille, à l'écriture. 

    Bernard Pascuito a tout d'abord été journaliste durant de longues années. Il rédige des articles sportifs durant quinze ans pour le Journal du Dimanche, mais pas que. Il est écrit aussi pour France Dimanche où il occupe le poste de rédacteur en chef. Des articles plus légers sur les people mais il y prend plaisir et n'a pas honte. Il est de ces hommes qui ont une fascination pour les gens. Il aime donc aller à leur rencontre. Il n'a de cesse de parler, de m'expliquer son bonheur à écrire. Depuis quelques temps, il se consacre uniquement à l'écriture de biographies. 

    Auteur de "Annie Girardot, une vie dérangée", de "Gainsbourg, le livre du souvenir", ou encore de "Les deux vies de Romy Schneider", pour ne citer qu'eux Bernard est aussi un passionné de littérature. Il aime à faire découvrir au public une grande littérature américaine classique mais pourtant négligée (Kathryn Chetkovich, Elizabeth Dewberry, O. Henry entre autres). Il s'intéresse aussi à la littérature de jeunesse, et accompagne sa jeune fille de huit ans dans la découverte de classiques. Il me parle avec respect, enthousiasme et passion de Véronique Cazenave, écrivain pour la jeunesse que je vous invite à découvrir de toute urgence. 

    Bernard se livre alors sur son dernier opus consacré à Didier Deschamps. Un homme qu'il connait depuis de longues années, de par son métier de journaliste, et de par sa passion pour le sport. En réalité, il l'a connu à ses débuts. Didier Deschamps est un personnage de roman. Un mec hyper intéressant, complexé et complexe, qui ne s'aime pas. C'est ça Didier Deschamps

     Un homme qui a l'obsession, le souci de la gagne depuis son plus jeune âge. Le traumatisme de sa vie a été la défaite de novembre 1993 face à la Bulgarie. Didier Deschamps en pleurera durant de longues minutes, et verra s'envoler la qualification de la France pour le Mondial de 94. Cela a été une réelle blessure qu'il ne pansera jamais. 

    L'entraîneur actuel de l'équipe de France, est un être qui sous les apparences est parfois vexé. Vexé qu'on parle de lui sur tout sauf sur le fait qu'il sait taper dans un ballon. Vexé qu'on omette que lui aussi à une famille. Famille à laquelle il est très attaché. Il est de ces hommes très puritain, ne parle peu. Même ses proches ne savent pas ce qu'il pense réellement. Un être complexe effectivement. Il ne parle pas de sa femme qui est pourtant sa confidente, son amie, son amante, sa force au fond. 

    Pour écrire ce livre, Bernard Pascuito a enquêté durant une bonne année. Il a rencontré les proches de Didier Deschamps, s'est entretenu avec Pape Diouf (qui le recrutera pour intégrer l'OM, et partira juste après la signature), Bernard Tapis et tant d'autres. Le livre n'est que le portrait d'un homme difficile à cerner à travers les yeux de personnes qui l'ont connu à un moment donné, qui le connaissent encore. Le dernier chapitre est une conversation entre Bernard et Didier. Tout au long de son travail d'investigation, Bernard se met en retrait pour ensuite raconter Didier. Il s'est attaché, avec succès, à dresser le portrait d'un mec dans son époque. 

    Un livre dont Bernard a demandé la parution au moment des barrages pour le Mondial que nous vivons actuellement. Bernard voit la France éliminée (mais il n'en sera rien), et se dit que les journalistes viendront car Deschamps sera alors remis en question. Pour Bernard la défaite aura pour conséquence d'attirer la presse. Voilà son postulat. Sauf qu'il n'en sera rien, et que  les journalistes n'ont eu de cesse d'entrer en contact avec Bernard, et que la qualification de la France attire aussi. Le livre connaît un bon démarrage, et les ventes se poursuivent. Un beau succès que cette face cachée de Didier Deschamps. 

    Merci à Bernard Pascuito de ce moment partagé.Et j'ai envie de dire que dans le prénom Bernard il y a quand même une belle part de succès (cf. La tête de l'emploi de David Foenkinos). 

     

     

    La face cachée de Didier Deschamps - Bernard Pascuito - First Document 

    ISBN 9782754054713 - 17.95 Euros 

    La face cachée de Didier Deschamps, First Document, Bernard Pascuito

     

  • Festival du Livre de Nice - Jour 3

    IMG_0244.JPGL'heure du dernier jour a sonné. Nous sommes déjà dimanche. Déjà deux jours que je vais de stands en stands, de rencontres en rencontres. Rendez-vous est fixé à neuf heures trente avec Mélodie, de retour sur Nice, pleine de vie et pleine d'envies. 

    Le temps de boire un café, de poser nos affaires sur le stand de la librairie Jean Jaurès (notre QG, avouons-le) et nous partons faire un petit tour pour dire bonjour à nos amis de la littérature, et puis poursuivre les rencontres et interview. Nous sommes attristés car nous n'avons pu acheter le dernier roman de Christine Baron, et qu'elle est absente aujourd'hui. Mais la vie réserve de belles surprises, et c'est donc avec joie et enthousiasme que nous interpellons Christine, qui tout compte fait sera présente en ce dimanche sur le salon. 

    Premier objectif de la journée, faire dédicacer les livres que nous avons en notre possession par les auteurs. Nous voici donc toutes deux avec nos livres, déambulant d'un stand à un autre pour quelques dédicaces. 

    La première rencontre a lieu avec Janine Boissard, dont le dernier roman "Belle arrière-grand-mère" est paru chez Fayard.  Une romancière extraordinaire, et une femme exceptionnelle. Elle est bonté, générosité, intelligence, patience. Une très belle rencontre, touchante et émouvante. 

    S'en suivra un doux moment avec Macha Méril, toujours aussi pétillante et pleine de vie, toujours aussi attentionée envers Michel Legrand. Une belle âme, et un couple tendre. Je repars avec "L'amour dans tous ses états" (Flammarion), dédicacé délicatement par Macha. En douce, je lis ces quelques mots, j'ouvre son roman, et oh ! un des personnages se nomme Bérengère. Chouette alors. Oui je suis une vraie gamine. 

    Un bip sur mon téléphone m'informe que mon amie Anita va arriver. Quelle joie de la voir quelques minutes depuis le temps. Rendez-vous est donné côté cours Saleya, juste en face de Sylvain Tesson, auteur qu'admire Mélodie soit dit en pensant. 

    Je suis alors interpellée par Franck Viano, figure niçoise, attaché à la mairie, excellent cuisinier, écrivain..Bref,un homme qui n'a de cesse de bosser et de défendre la culture de notre ville. Il m'informe qu'à onze heures et demi il m'interviewe. Mais pourquoi, moi ? Ben parce que tu es une blogueuse niçoise, et y a pas de raison. Ok, je me plie à la demande même si je n'aime pas cet exercice. 

    Au détour des allées, je vais rendre visite à Xavier de Moulins et repars avec ses trois livres. Impossible de faire un choix. Puis l'occasion de saluer les auteurs de la veille. 

    En attendant mon amie Anita, je m'en vais à la rencontre de Nadine Trintignant. Une femme touchante. 

    Pas de rencontres prévues pour cette dernière journée, simplement profiter de ces derniers moments que nous offre ce doux dimanche et prier pour que la  pluie ne tombe. Mais des rencontres il va y en avoir, jusqu'à  la dernière minute. 

    Après mon interview pour Franck, je m'en vais retrouver Jean-Paul Naddéo, auteur de "Éternelles routes corses" (Grund) pour une rencontre autour d'un panaché bien blanc. 

    Cet homme est passionné par ce qu'il fait, ne pense pas travailler. Il prend du plaisir depuis quarante ans dans l'édition, monde dans lequel il n'a eu de cesse de bosser avec passion. Il parle avec un tel engouement que mon panaché finira sur mes notes, mon jeans, mon sac et nous a valu un bon fou-rire. Et puis cet homme est un ami de mon oncle depuis quarante ans, je l'apprends lors de l'interview et nous hallucinons tous les  deux. Bernard Schott si tu me lis, ton pote te passe le bonjour.  De tout cela je vous en parle dans un prochain billet. 

    Il est l'heure de déjeuner. Chacun part de son côté, pour nous cela sera pizza et carafe d'eau, et ce malgré les touchantes et excellentes intentions de Jean-Luc Gag, Aurélie de Gubernatis et Jean-Paul Naddéo. 

    Nous nous retrouvons à l'heure du café. C'est l'heure de se dire plus ou moins au-revoir. Certains auteurs s'envolent pour Paris dans quelques minutes, d'autres ne partiront qu'en fin d'après-midi. Le temps du bilan aussi. Les ventes ont été bonnes dans l'ensemble pour les auteurs présents. Il est vrai que ce nouvel endroit pour le Festival du Livre est stratégique et engendre beaucoup de passage, et une clientèle hétéroclite. 

    Nous rencontrons (enfin) François-Guillaume Lorrain, auteur de "L'année des volcans" (Flammarion), et dont l'attachée de presse n'est autre que l'excellente Charlotte Ajame. Un roman qui m'a envoûtée et que j'ai défendu pour le prix Nice Baie des Anges, mais en vain. Nous discutons un peu, même beaucoup. Je lui dis combien j'ai aimé son roman, et combien je suis cruche car je ne l'ai pas avec moi, car j'aurais tant aimé qu'il me le dédicace. Son voisin n'est autre que Guillaume Prévost, auteur de La berceuse de Staline que je n'ai pas encore lu, et lauréat l'année dernière du Prix Messardière

    Au détour d'un stand, je rencontre Monsieur Jamain. L'homme qui fut directeur diocésain voici quelques années, qui profite de sa retraite, mais à qui je dois beaucoup, qui a cru en moi, et à qui je dois surtout d'être enseignante depuis presque quinze ans. Nous papotons et décidons de nous voir prochainement. 

    Avec Mélodie, nous décidons de nous poser un peu, parce que piétiner depuis près de six heures, ça vous tue, et ça fait mal aux pieds et aux épaules alourdies par nos acquisitions. L'heure du bilan est venue, et oh stupeur j'ai battu mon record de l'année dernière, je repars avec pas moins de 33 ouvrages. Le bilan est positif, car de vraies belles rencontres, de nouvelles découvertes littéraires et une ambiance très amicale. Et puis, parce que ma jambe a résisté, peu de douleurs et ça c'est super chouette. 

    Avant de partir nous allons embrasser et dire au revoir à toutes ses personnes qui ont fait de ce week-end, un moment riche, un moment de rires, d'émotions. Nous emportons avec nous quelques ouvrages certes, mais aussi des images, des doux souvenirs, et un chapeau de paille et un super tableau de la ville de Nice. Merci cher auteur de ce formidable cadeau qui  t'a permis de ne pas le ramener dans ton Paris, car trop encombrant :-) 

    Et voici quelques photos de ce week-end : 

     

    Merci à la ville de Nice pour ce Festival du Livre 2014, merci aux auteurs pour leur disponibilité, et puis un merci particulier à Gilles Paris, Aurélie de Gubernatis, Patrick Esclapez, Sarah, Mélodie, Xavier de Moulins, Gwendoline Hamon, Marc Magro, Christine Baron, Jean-Paul Naddéo, Bernard Pascuito, Sophie Bassignac, Akli Tadjer, Charlotte Valandrey, Sylvain Tesson, David Foenkinos, Emilie de Turckheim, Franz-Olivier Giesbert, Didier van Cauwelaert, Macha Méril, Michel Legrand, Laurent, Guillaume Prevost, François-Guillaume Lorrain, Franck Balandier, Maud Tabachnik, Irène Frain, Michel Field, Mazarine Pingeot, Christine Orban, Nadine Trintignant et Olivier de Kersauson.

     

     

     

    Festival du Livre de Nice 2014