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  • Quand la Petite Maison décerne son premier prix littéraire

    Ce mois de mai 2017 a vu naître le Premier Prix Littéraire de la Petite Maison à Nice. Nicole Rubi nous a offert une parenthèse enchantée dans son restaurant où littérature et cuisine niçoise se sont mariées à merveille. 

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  • Mon numéro dans le désordre de Guillaume Fédou - Léo Scheer

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    Guillaume Fédou fut l'un des premiers à être ici présent. Non pas pour son talent d'écrivain, mais pour son talent d'auteur-compositeur. En effet, j'étais tombée sous le charme de son "garçon moderne", et le suis toujours par ailleurs. 

    http://aposterioriapriori.hautetfort.com/archive/2011/08/07/guillaume-fedou-garcon-moderne.html

    Il nous revient quelques années après, mais en qualité d'auteur de roman, de son premier roman "Mon numéro dans le désordre". 

    Avant la lecture de cet opus, j'admire la couverture. Un savant mélange de Cézanne et de Guillaume Fédou. Une aquarelle qui ne laisse pas insensible et attire donc le regard. Cependant, voir un baigneur en slip me perturbe un peu. Que va donc nous conter Monsieur Fédou. Le lien illustration/titre n'est pas aisé, mais s'éclaire au fil de la lecture. 

    Me voici donc, un verre de blanc à la main, à la découverte de la plume de Guillaume. Deux cent cinquante et une page auront raison de ma bouteille de Montbazillac. Quel bonheur et quelle joie ce livre. 

    Ajoutons à mon verre, le critérium qui laissera une mine entière tellement les formulations sont vives et pertinentes, mais aussi pour souligner toutes les références qui nécessitent quelques recherches sur le web. Entre références culturelles, musicales et parisiennes Guillaume nous conte les aventures d'Arthur et sa maman, appelée "Mama". Une connotation italienne pour moi, mais il en est rien. La mère d'Arthur est une soixante huitarde, pittoresque, dépressive, divorcée et juive. 

    Arthur est le fils aîné, vingt huit ans, fraîchement licencié, bordelais devenu parisien branché. Il fréquente la nuit, le monde de la mode, il est là où il faut être vu, là où il faut être, ce qui lui permet d'avoir son tissu social et de boire à l’œil comme il s'amuse à le dire. 

    Suite à son licenciement, il décide d'offrir à sa mama dépressive un séjour à New-York. Cette ville qui fait rêver, la ville de la deuxième chance. Sauf que le départ se fait quelques jours avant le 11 septembre 2001. 

    Les premiers jours qui précèdent l'attentat qui changera la face du monde, Arthur et Mama vont vivre quelques situations rocambolesques, dont l'origine n'est autre que la Mama. Partie de Paris sans ses médicaments, elle n'a de cesse d'en faire qu'à sa tête, et de se mettre dans les situations les plus pittoresques. Elle disparaît, s'éprend pour un Bob Marley des années 2000, ne suit que son instinct. Arthur ne profite pas vraiment, se demande quand sa mère sortira de cet état. Puis cette rencontre avec un psy qui va remettre pour quelques jours à peine la mère dans les "rails". Elle se calme dirons-nous. 

    Tout semble allait mieux, mais c'était sans compter sur cet attentat qui va bouleverser, outre nos deux personnages, la vie de tout à chacun. 

    Je ne vous dévoilerai pas la suite, l'après 11 septembre, car il faut lire ce roman. 

    La plume de Guillaume est maîtrisée, vive, gaie, humoristique. Au fil des mots, des phrases, des pages, le lecteur est aspiré dans la vie new-yorkaise, il vit l'horreur, il vit aussi le changement. 

    En effet, ce roman se veut, sous un aspect "comique", être un traité de l'avant et après 11 septembre. Une étude sociologique de ce qu'à changer cet événement tragique qui a touché le monde entier. Arthur est une victime, il ne sera plus le même. Il y a l'avant, puis l'après, la naissance des années 2000. La prise de conscience aussi que l'on peut mourir n'importe quand, n'importe où par la folie d'hommes.

    Arthur mènera quand même sa quête du bonheur, mais il est différent. Les vacances qui se devaient être normales apporteront à nos héros une autre vision du monde, de l'avenir, de la vie simplement.

    Un livre à acquérir, mais attention les références sont nombreuses dans tous les domaines. Il m'a été nécessaire de faire quelques recherches, n'étant pas de la génération 90, mais plutôt 80, n'étant pas non plus au fait des mœurs et coutumes de la vie parisienne. Quelques traductions m'ont aussi été nécessaires, ne maîtrisant absolument pas l'anglais. Cependant, cela ne m'a pas gêné dans ma lecture de ce roman bien ficelé et qui met en exergue le changement du monde dès lors que deux avions se sont écrasés sur les tours du World Trade Center.

    Faire le deuil de l'avant, se construire dans l'après. Se trouver, se réaliser, être, être soi. Tel est le message que nous délivre Arthur, ou Guillaume ? En effet, on peut se demander ce qui est vrai, ce qui est faux. Est-ce la réalité de Guillaume qui a permis à Arthur de rentrer dans la fiction ?

    Allez, vite, filez acheter ce tout premier roman d'un homme qui le vaut bien :-)

    baigneur-cezanne.jpg

     

    Quelques extraits :

    • Cet agent de l'Etat français éprise de service public pratique plutôt le suicide par répartition, façon puzzle éparpillé au-dessus de l'océan que nous aurons tant de mal à traverser. 
    • C'est un art chez les Kaminsky de maquiller sa douleur en agressivité. 
    • Mais une chose est sûre : en lâchant Bordeaux pour vivre à Paris, notre famille s'est littéralement vendue aux Boches. Quant à l'Américaine, elle n'a fait qu'injecter un peu de vérité dans toute cete bordelaise hypocrisie, même si je rêve encore aujourd'hui de la voir en plein vol. 
    • Seul le travail compte, et là-dessus je suis d'accord avec ton père : on ne bâtit rien les bras croisés. 
    • Comment ai-je pu accoucher d'un pareil monstre ? Sans doute en fermant les yeux sur toute une partie de ton histoire personnelle. Mais ce n'est pas le moment d'en parler....
    • Il serait vraiment temps pour moi de vivre pour vivre. Ne devrais-je pas la laisser être femme accomplie avant d'être mère ? 
    • Ennemis de la pop, des putes à frange et des instruments à vent, les talibans ont donc provisoirement gagné la partie. 
    • Pour ou contre la connerie, le racisme et les oranges pressées ? Les terroriste ont ciblé la finance, épargnant a priori des mécréantes dans mon genre. Mais s'ils avaient visé le MoMa, aurais-je un jour renocntré ce double que je cherchais depuis ma naissance ? J'ai longtemps cru que la lumière viendrait d'une fille, que seul l'amour pouvait être source de complétude. 
    • J'ai une sacrée boule au ventre de devoir partir. Quand on est à ce point en fusion avec la moindre paroi new-yorkaise, il s apparaît illusoire de pouvoir décrocher un jour, et même de pouvoir raccrocher les wagons de son existence. Aussi toxique soit-elle, NYC est le meilleur terrain de jeu pour le "je". Un playground existentiel sans limite dont je respire l'air corrompu à pleins poumons en chantonnant avec Mama son sempiternel air du vieux Trénet : "Grand-Maman, c'est New York / Je vois les bateaux-remorques..." qui emportent tout sur leur passage, comme à la fin du Voyage de Céline. Voilà, merci, on remballe.. 

    A l'attention de Guillaume Fédou  

    Alors non tous les gens qui habitent la Côte d'Azur n'ont pas une villa et ne votent pas FN :-) 

    Sophie Marceau est toujours belle, et moi aussi je l'ai préférée dans l'étudiante

    Un jour j'irais à New-York ...

  • Autobiographie d'une courgette de Gilles Paris

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    Septembre, le mois des rentrées : rentrée scolaire, rentrée littéraire, rentrée des aoûtiens au boulot.. Bref, tous les médias nous parlent de la rentrée. 

    Quelques chroniques en retard (on ne me refera pas, je suis ainsi), je ne sais par quel livre, quel auteur commencer ma rentrée ici-même. Puis l'évidence, Autobiographie d'une courgette de Gilles Paris, cet ami. 

    Gilles Paris, la cinquantaine, charmant jeune homme, timide et au sourire doux, est un auteur rencontré voici maintenant deux ans. Un homme  sensible, à l'écoute et talentueux, qu'on se le dise. Il maîtrise les mots, tant à l'oral qu'à l'écrit, il est un homme qui travaille dans le milieu de l'édition depuis de nombreuses années, très nombreuses années.

    Lu en 2012, Autobiographie d'une courgette, puis relu cette année dans sa version poche, j'ai toujours le même plaisir à lire ce roman. 

    Gilles prend  sa plume, mais la magie ne s'arrête point là. Cette plume se transforme alors en Bic d'un enfant d'une dizaine d'années qui aligne les mots, les idées et qui nous  livre son quotidien. Gilles écrit comme un gosse, et c'est agréable à lire, et ça donne le sourire. L'innocence de l'enfance transparait à chaque ligne. Un travelling arrière dans le monde des chérubins. Tout au long de ma lecture, je suis touchée par ce petit gamin qui nous livre sa vie. Une vie qui n'est pas celle d'un enfant comme les  autres. 

    Courgette, et oui tel est  le prénom de  notre héros, a un mauvais geste, un soir. Tétanisé, il se réfugie dans le grenier familial. Il n'a ni père, ni mère et se retrouve donc seul jusqu'à l'arrivée de cet inspecteur de police : Roymond, qui sous ses allures, est un homme avec ses forces et ses  faiblesses, et surtout qui sera la résilience de notre Courgette. 

    Petit bonhomme d'une dizaine d'années, Courgette va être placé en foyer, aux Fontaines. Sous son oeil, sous ses mots, sous ses maladresses, il nous entraîne dans son quotidien. Nous cotoyons ses amis, ses amies, Camille, son professeur, la directrice du foyer, le mal être des enfants qui l'entourent, tout comme le  sien. Quoique, Courgette ne va pas si mal que ça. C'est d'ailleurs cet état d'âme si optimiste qui fait que l'on s'attache à Courgette. Nous serions prêts à adopter toutes les courgettes qui malheureusement vivent dans un foyer. De sa vie en communauté à ses petits secrets, de son quotidien aux Fontaines à son professeur, Courgette vit, sourit, ne comprend pas toujours tout très bien. Il  se fait à cette vie, meilleure que celle d'avant, quand il était seul avec sa maman car son papa a décidé de partir avec une poule. Courgette vit, découvre les premiers émois amoureux, est confronté à la réalité du monde, aux enfants dont les parents sont en prison, ou défaillants. Courgette se construit, c'est une petit bout d'homme attachant, énervant parfois, doux et  tendre. 

    Sous la plume  de Gilles, les expressions s'enchaînent, les sourires se dessinent sur nos lèvres, quelques larmes coulent, quelques moments d'angoisse aussi. Gilles réussit, ici, à traiter d'un sujet sérieux, triste et  pourtant si courant, avec légéreté, tendresse, humour et sans jamais tomber dans la compassion. Les institutions et le système  français ne sont jamais mis à tort. Gilles a le  talent de traiter un sujet grave sans entrer dans quelque polémique qui soit. 

    Nous sommes portés, nous lecteurs, par ce petit gamin de dix ans qui connaîtra une fin heureuse dans son malheur. Une fin heureuse que l'on souhaite à tout enfant placé. 

    Un livre à découvrir, attachant et à faire lire à nos chères têtes blondes, car c'est aussi ça  Autobiographie d'une Courgette, c'est un livre de 7 à 77 ans. Il est d'ailleurs, depuis l'année dernière étudié dès la classe de CM2.

    Lors de la rédaction de ma chronique, j'ai demandé à ma fille qui a lu le livre de  rédiger à son tour une petite note sur sa lecture. Je m'attendais à quelques lignes, mais il n'en fut rien. Elle m'a avoué ne pas pouvoir écrire sur ce  livre, trop  empreinte par sa lecture qui l'a bouleversée. Je lui demande alors pourquoi. Sa réponse est une merveille pour moi :

    "Mais maman, pour moi Courgette c'est le Petit Nicolas que je lisais quand j'étais en CE1, sauf qu'il a grandi, et que je ne pensais pas qu'il aurait cette vie là avec ses camarades."

    Quelques citations :

    "Un jour, elle m'a dit que l mal venait toujours des gens de la ville, comme papa, avec leurs souliers vernis et leurs belles paroles qui sonnaient plus faux que le chant du coq" (page 53)

    "T'as pas froid ? dit Raymond. -Non." Et il enlève son blouson et il m'enveloppe dedans. Des fois les grandes personnes, ça écoute que dalle" (page 63)

    "Apprendre par coeur c'est pas pour moi et je vois pas ce que le coeur vient faire dans tout ça" (page 82)

    "L'imagination c'est restituer à la mémoire des perceptions ou des expériences antérieures". (page 85)

    "Des fois les grandes personnes faudrait les secouer pour faire tomber l'enfant qui dort à l'intérieur" (page 172)

    Autobiographie d'une courgette de Gilles Paris - Flammarion Collège. 


  • FeStival du Livre de Nice - Juin 2013 - Partie 3

    festival du livre.jpgLa pluie est prévue pour cette dernière journée, comme si la météo s'était infiltrée dans mon âme. Mais c'est sous un certain soleil que je me retrouve dans les allées de la place Gautier. Au programme ? Revoir Marc Magro, compléter ma rencontre avec G., livrer un café à Isabelle Alexis et se laisser porter au grè de mes envies, des rencontres. Et je ne suis pas au bout de mes surprises.

    Rencontrer une amie virtuelle de Facebook qui va se solder par un café en terrasse, et une belle rencontre. Merci Karol Lewis

    Revoir Marc, échanger autour de son livre, ou plus précisemment de ses livres, car j'en ai déjà lu un, et le second est en cours de lecture. Il m'a happée par sa plume. 

    Rencontrer Anita au détour d'une allée. Dire bonjour aux auteurs d'hier. Déposer une bise à Grégoire Delacourt poursuivie par Scarlett, faire connaissance avec Serge Joncour après des mois d'échanges virtuels. 

    Etre impressionnée par Alexandra Lapierre, rire et réflexionner avec Daniel Picouly

    Boire un café avec Brian, auteur en devenir. 

    Et cette partie de rigolade avec Emilie Frèche, qui depuis a reçu le Prix Orange, et Nicolas Rey, aux alentours de midi. L'une prise par la faim, l'autre pris par la lecture du roman de son autre voisine, Claire Legendre. 

    Percuter et échanger avec Jean-Joseph Julaud : un vrai bonheur et des mots qui résonnent encore.

    Faire la connaissance de Maud Tabachnik et de Denis Westhoff (fils de Françoise Sagan) : deux êtres passionnés et passionnants malgré des caractères bien différents. 

    Etre interpellée par quelques auteurs pour mon blog, être émerveillée par Frédérique Hébrard, 86 ans, douce et vive, être en vie et partager tout simplement. 

    Cette année fut différente, les émotions aussi et me laisse une kyrielle de souvenirs doux que je partagerais à l'occasion. Mais sachez, amies et amis écrivains que vos mots m'ont touchée, et plus particulièrement en cette période. Vous m'avez insuflé de la confiance, et c'est reparti pour l'aventure du blog, et je songe à tous vos conseils. 

    Je ne garderai pas le souvenir de ces trombes d'eaux qui se sont abattues sur nous tous, mais vos sourires, nos échanges, et vous êtes quelque part encore avec moi. Merci à vous tous. 

    Les livres acquis en trois jours :

      1. Marc Magro : Médecin d'urgences
      2. Marc Magro : Si vous preniez de mes nouvelles
      3. Richard Borhinger : L'ultime conviction du désir
      4. Alexandra Lapierre : Fanny Stevenson
      5. Valérie Tong Cuong : L'ardoise magique
      6. Davide Foenkinos : Lennon
      7. Serge Joncour : L'hommme qui ne savait pas dire non
      8. Valérie Tong Cuong : Noir dehors
      9. David Foenkinos : Les coeurs autonomes
      10. Nicolas Rey :  mémoire courte
      11. Nicolas Rey : un début prometteur
      12. Nicalas Rey : Un léger passage à vide
      13. Serge Joncour : Que la paix soit avec vous
      14. Emilie Frèche : une femme normale
      15. Emilie Frèche : deux étrangers
      16. Nicolas Rey : Vallauris Plage 
      17. Richard Borhinger : Les nouveaux  contes de la cité perdue
      18. Richard Borhinger : C'est beau une ville la  nuit
      19. Franck Viano : Mon ami le mal
      20. Maud Tabachnik : Désert Barbare
      21. Geroges Juttner : Papa, maman, le juge et moi
      22. Marc Magro : Le  syndrome de Verne
      23. Denis Westhoff : Sagan et fils
      24. Marc Magro : chambre X
      25. Daniel Picouly : la faute d'orthographe est ma langue maternelle
      26. Daniel Picouly : Lulu princesse
      27. Patrice Leconte : Le  garçon qui n'existait pas
      28. Daniel Picouly : le champ de personne
      29. David Foenkinos : Je vais mieux
      30. Anthony Rowley et Fabrice d'Almeida : Quand l'histoire nous prend par les sentiments
      31. Zemmour : Le bûcher des vaniteux
      32. Clémentine Célarié : Les Amoureuses
      33. Isabelle Alexis : Ta vie est belle
      34. Isabelle Alexis : Brèves de filles
      35. Fabrice d'Almeira : Les gardiens de camps de concentration et leurs loisirs. 

     

  • FeStival du Livre de Nice - Juin 2013 - Partie 2

    Cette deuxième, et avant-dernière, journée s'annonce particulièrement riche en rencontres, en retrouvailles. J'ai hâte, et paradoxalement je prends mon temps pour me préparer, profitant de ce samedi matin en famille. 

    Presque onze heures, mon fils aîné m'a abandonnée pour trois mois, alors je m'en vais partager un café avec mon amie Anita. Oui, Anita, celle qui était là aussi l'année dernière à mes côtés. Café sur la Place Masséna, puis direction la place Gautier. 

    Je ne lui laisse pas le temps de se promener, je la dirige avec une certaine autorité, mais beaucoup de complicité au stand G4. Elle doit rencontrer Catherine et son Enfant de Calabre, aux Editions Héloïse d'Ormesson. Je  lui offre, Catherine lui dédicace, et Fabienne Blanchut nous rejoint pour des retrouvailles tant attendues, et pour me remettre les Coquinettes pour la malicieuse Malizzia. Nous prenons rendez-vous pour midi, en attendant je reste avec mon amie Anita, et nous nous promenons (ou piétinnons précisemment) dans ce dédale auquel je ne me fais pas. 

    Midi : Anita m'embrasse, rendez-vous demain matin, et hop hop je rejoins mes amies Catherine et Fabienne. Loin de la foule, des auteurs, nous discutons de tout et de rien devant une salade et un verre. Nos retrouvailles relèvent de la sphère privée, alors passons au  début d'après-midi, mais MERCI les amies. Hâte de vous retrouver.

    Quatorze heures trente : certains auteurs tant attendus sont derrière leurs piles de livres, le sourire sincère ou figé. C'est ainsi qu'une auteure me recevra, et me fera fuir. Son air détaché, antipathique a cassé mes envies de rencontres. Clémentine Célarié arrive, naturelle, souriante. Se pose à côté de Richard Bohringer, et là une demi-heure surréaliste. Je me retrouve au milieu d'eux deux. Nous discutons à bâtons rompus, ils  sont simples  et surtout  égaux à eux-mêmes. Pas de distorsion entre la fiction et la réalité. J'apprécie simplement. 

    Café avec mon cher G. Cela aussi relève de la  sphère privée, mais quel moment. Merci G.

    Et puis, la fatigue, la jambe qui fait mal, qui est douloureuse, alors je me pose au Stand G2, accompagnant Isabelle Alexis dans ses dédicaces, et c'est parti pour deux heures de fou-rire et d'anedoctes improbables, mais oh combien réelles. Isabelle apprendra un nouveau mot (tout comme  moi) : chagasse... Nous n'avons toujours pas compris ce que ce dernier signifiait, mais la dédicace a été faite à Chagasse. (Si tu me lis, explique moi ce que c'est donc)... Et ces deux jeunes hommes, qui demandent à Isabelle si son livre parle de la Corée. Regards interrogateurs entre nous ? Pourquoi la Corée ? Ben, y a PSY dans le titre, donc Corée.... Sans voix nous sommes restées. Et puis, cette dame attendrissante qui cherche un éditeur pour son autobiographie, et ce jeune G. qui en un tour de pirouette nous a échappé... 

    Bref, après cette pause fort sympathique, retour dans les allées. Continuer mes achats, mes rencontres, et comprendre comment se monte un FeStival du Livre. Que de découvertes !

    Ma journée tire à sa fin, il est presque dix neuf heures. Je m'en vais quand soudain un homme me regarde, me décroche un sourire. Qui est-il donc ? 

    Je cherche, sa trombine me parle.. Il m'accoste, me demande si je suis bien Bérangère. Ben oui, je réponds, un peu méfiante. Il se présente. Il se nomme Nicolas Rey. 

    Je rentrerai plus tard chez moi donc, et reviendrais demain.


  • Festival du Livre de Nice - Juin 2013 - Partie 1

     

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    Le feStival du livre de Nice a ouvert ses portes hier, vendredi 7 juin, sous un soleil azuréen bien présent. 

    Les festivités ont débuté avec le discours de Monsieur le Maire, Christian Estrosi, et la remise du prix "Baies des Anges", remis à Valérie Tong Cuong pour son Atelier des miracles, paru aux éditions JC Lattès en ce début d'année 2013.

    Présente au rendez-vous, discrète et boiteuse, j'ai profité de cette après-midi pour faire un premier repérage pour ce week-end tant attendu.

    Tout d'abord, la découverte des lieux. Contrairement aux années passées, le festival se tient cette année, cause travaux de la coulée verte, entre le Palais de Justice et la Place Gautier. Vous trouverez littérature de jeunesse, livres d'occasion et bd sur la place du Palais de Justice. Pour le reste, ce qui m'interesse plus fortement, tout se déroule place Gautier. Si dans les allées, il se murmure que ce nouveau lieu est bien plus agréable que le jardin Albert 1er, là où se déroulait d'ordinaire le festival, mon avis n'est pas le même. Je préférais les alentours du théâtre de Verdure. Peut-être est-ce dû à ma difficulté de marcher. J'ai eu l'impression d'être dans un labyrinthe, et pas d'endroit  où se poser, à part les bars du Cours Saleya. Bref, là n'est pas mon propos du billet.

    Vendredi 7 juin : après-midi

    Je flâne, traîne ma jambe dans le dédale des stands tenus par les différents libraires niçois. Et oui, à Nice les libraires invitent les auteurs. Donc pour trouver un auteur, encore faut-il savoir par quel libraire il a été invité. Mais rassurez-vous, on s'y retrouve facilement. 

    En ce début d'après-midi, peu d'écrivains présents, mais quelques uns quand même, à commencer par Valérie qui est sollicitée de droite et de gauche. J'arrive quand même à la rencontrer, à échanger avec elle. Une femme simple, belle et douce. Premiers achats aussi : L'ardoise magique et Noir dehors se retrouvent dans mon sac, encore léger en ce début d'après-midi. Lors de cette rencontre, mes oreilles et mon esprit sont attirés par une jeune femme brune qui présente un beau projet à Valérie. Il faut que je retrouve cette personne car ces mots pour soigner les maux m'ont touchée. 

    Aucune idée précise d'éventuels achats. Je suis là pour observer, découvrir les dessous d'une telle organisation. J'attéris, je ne sais comment, au stand G4, le stand de mon libraire. Stand où sont attendus Catherine Locandro, fabuleuse auteure de L'enfant de Calabre, Monsieur Estrosi, Marc Magro, Bernadette Chirac, et bien d'autres auteurs. 

    Marc Magro est présent. Timidement je m'approche. Son livre est sur ma liste d'achat. Autant j'aime lire, partager mes lectures, autant je me sens gauche quand il s'agit d'aborder un auteur. Allez savoir pourquoi. Bref, je saisis "Médecin d'urgences", lit la quatrième de couverture, et mon choix se confirme, je vais acquérir ce bouquin. La conversation s'engage entre lui et moi. Je lui passe le bonjour de Caroline, l'attachée de presse de sa maison d'édition, First. Il en est touché. Nous discutons de tout et de rien, et il est cette rencontre de ce jour. Un homme attachant, avec beaucoup d'humour et surtout d'une modestie attendrissante. Bilan : trente minutes de bavardages et quatre bouquins de Marc Magro dans ma besace, et une très belle rencontre. 

    Pas une heure que je suis là et déjà six livres... 

    Un passage par le stand Nice Matin pour écouter la truculente Maud Tabachnik, qui n'a pas sa  langue dans sa poche. S'en suit David Foenkinos, décontracté, souriant, tel que je le  connais. Un plaisir auditif.

    L'après-midi se poursuit d'allées en allées, de présentations en présentations, et d'achats en achats, de découvertes en découvertes.

    Je rentre chez moi, heureuse de cette première journée.

    Que me réserve demain ? 




  • Vanessa Paradis, La vague à l'âme - Erwan Chuberre Saunier - Editions Didier Carpentier

    vanessa paradis.jpgDans une année civile, entre romans français et étrangers je dois lire un à deux bouquins retraçant la vie d'une star. Non pas par voyeurisme, mais plutôt par goût pour l'artiste. Ce fut le cas en 2011 avec le fabuleux Kissing my song de Nicola Sirkis et Agnès Michaux. 

    En ce début d'année 2013, mon choix s'est porté sur Vanessa Paradis. Une artiste contreversée, mais une artiste qui a bercé mon adolescence, et qui a toujours été présente dans ma vie. Ado, je n'étais pas fan de son Joe le Taxi, lui préférant "T'en vas pas" d'Elsa. La chanteuse qu'elle est m'a interpellée avec son deuxième album signé par le grand Serge. Puis Noce Blanche m'a bouleversée.

    Je ne sais précisemment ce qui m'a poussée à lire un tel livre, mais j'en ai été ravie. On découvre une femme simplement, une fille qui a du caractère, qui n'a jamais baissé la tête, qui a su se relever de chacune des attaques qui lui ont été faites. Je ne peux que lui dire Bravo et Respect. 

    Erwan Chuberre Saunier n'en est pas à sa première biographie d'artiste femme. Il a ce don de ne pas s'infiltrer dans la vie privée de l'artiste, il dévoile ici et là quelques pans de la vie hors des lumières du show biz. Il manie habilement la plume et nous livre donc un portrait doux de Vanessa Paradis. Le tout est agrémenté de témoignages de proches, de collaborateurs. Les mots sont sussurés, comme Vanessa sussure ses chansons. 

    Tout au long de son récit, on apprend aussi quelques anedoctes sympathiques et qui ne relèvent pas de Closer ou Voici. Grâce à Erwan j'ai enfin pu savoir où j'avais déjà vu le visage de la femme de Frédéric Diefenthal dans Taxi, elle était la guitariste seins nus dans le clip Tandem.  La plume est intelligente. Les anedoctes sont nombreuses, et en refermant ce livre, mon idée première est la bonne. Vanessa a été sali par la presse, et par un public qui la détestait par pure jalousie. Bravo à elle d'avoir su si bien rebondir, d'avoir pris les bonnes décisions. On l'excuse de quelques unes de ces maladresses, on a de la tendresse pour ses parents et sa soeur. Vanessa, une vraie tigresse au fond, qui ne s'effondre pas à la moindre insulte, mais au contraire qui en font sa force. 

    Ce livre retrace donc vingt-trois ans de carrière d'une artiste entière, aussi douée pour le chant que pour le 7ème art. Une artiste atypique, belle, rayonnante, douée et douce. 

    Un livre à offrir à toute personne qui aime bien l'artiste, le monde du cinéma et de la musique sans avoir un oeil de voyeurisme et de langue de vipère. 

  • L'Enfant de Calabre de Catherine Locandro - EHO

    enfant-calabre.jpg

    Nouvelle année, nouveaux romans au rayon de mon libraire niçois et mon choix se porte en particulier sur L’enfant de Calabre pour plusieurs raisons : je suis niçoise d’adoption depuis trente ans, je connais (un peu) Catherine, l’auteure, et j’adore l’Italie. Trois bonnes raisons à laquelle rajoutons que les précédents romans de Catherine m’avaient emballée par une plume juste, vive, fine et douce.

    Au cours des premières pages je suis un peu perdue :

    • 1937 – 1954 – 2011,
    • l’Italie, l’Indochine et Nice
    • une femme que l’on enterre comme une paria « Quelques mots d’un prêtre ont peut-être précédé cette ultime punition, ce reniement absolu de ce que tu avais pu être, de ton existence toute entière »
    • Lui qui vit la guerre d’Indochine avec Mattéo à Diên Biên Phu, « Lui vivait comme un insecte, sous terre, dans des alvéoles qui menaçaient à chaque tir d’obus de s’effondrer pour l’ensevelir. Une termitière à échelle humaine cernée de collines sombres », et, 
    • Frédérique, niçoise, trente neuf ans « Et puis trente-neuf ans, c’était une sorte de non-âge. Tant qu’à être arrivée jusque-là, autant atteindre la quarantaine ».

    Puis au fil des deux cent soixante-huit pages, tout s’éclaircit, tout se confond, tout s’enchevêtre, tout est suspens, émotions, rires, pleurs, douleurs et douceurs. Un succulent mélange de sensations qui s’insinuent en moi, lectrice. Un livre qui parle pas d’amour mais des Amours avec une sensibilité poignante.

    Frédérique, narratrice et héroîne, est attachante. Je suis à ses côtés, je vois ce qu’elle voit, elle se dessine sous mes yeux. Je saurai la reconnaître parmi tous les touristes niçois qui déambulent en cette période de Carnaval à Nice. Extraordinaire coincidence que je lise ce livre qui se déroule au mois de février à Nice, en plein mois de Février. J’aimerai être l’amie de Frédérique. Comme elle, petite j’étais très intriguée par ce panneau « Détective Privé » affiché au troisième étage d’un immeuble d’angle de la zone piétonne. Je me disais que c’était un mensonge. Dans mes souvenirs, et ceux de Frédérique sont les mêmes, un détective ne devait être vu (comme dans le Club des Cinq), alors pourquoi afficher aux yeux de tous son existence ?

    Frédérique pousse les portes de cette agence particulière pour retrouver cette inconnue blonde qui avait le pouvoir de faire sourire son père, Vittorio dit Vitto. Cette blonde  présente sur un cliché trouvé en rangeant les affaires de sa mère, lors de son décès. Qui est cette femme avec son père ? Pourquoi l’air de son paternel est un air qu’elle ne lui a jamais connu ? Au dos de la photographie, le nom de l’agence. Pourquoi ? Une multitude de questions s’emparent de Frédérique, elle veut savoir, poussée par on ne sait quel motif, mais poussée par l’envie de savoir qui elle est, elle Frédérique.

    Catherine Locandro nous mène sous sa plume vive, sous ses mots recherchés et sa syntaxe douce mais oh combien puissante, de Nice à Gênes, avec des travelling arrière en Indonésie. Nous découvrons la guerre d’Indochine du point de vue de ses deux soldats italiens qui sont unis comme deux amis, deux frères. Ils vont vivre ensemble cette guerre, connaître la peur, la faim, la honte, la souffrance mais non ils ne vont pas mourir car quelqu’un les attend quelque part. C’est leur motivation cette correspondance avec ces deux jeunes filles italiennes. Lui va vite cesser cet échange épistolaire de part sa promotion au sein du bataillon, et de part une non-envie d’écrire. Mattéo va continuer à coucher les mots sur des bouts de papier pour Barbara, fille mère de dix sept ans, avec qui il échange. Puis tout s’arrête. Barbara a trouvé un homme en Italie, l’annonce à Mattéo, qui ne sait  donc plus pourquoi il continue à vivre. Lui « était un revenant, condamné à errer au milieu des vivants. Il lui arrivait encore de le croire ». Au-delà de ce flash back en 1954, de cette période de guerre, nous découvrons l’amitié fraternel entre deux hommes. Deux hommes pas très doués avec les sentiments, avec les mots mais oh combien humains, et tendres. Oui ils sont tendres ces deux-là, m’arrachant parfois quelques larmes.

    Frédérique est en quête d’identité au fil des pages. La peur l’envahit par moments, le  doute aussi. Elle veut comprendre, elle veut savoir ce qu’est son histoire, l’histoire de ses parents. Ce père qui l’aimait tant et qui était en adoration devant sa fille. Fille a qui il donne d’ailleurs le prénom francisé de sa propre mère. Cet homme qu’elle a connu ne présentait absolument pas le visage qu’elle voit sur ce cliché retrouvé. Qui était-il donc ?

    Catherine Locandro sait embarquer le lecteur dans les méandres des secrets de famille. Mais pas que.

    De ce roman, je retiendrais effectivement cette quête de soi nécessaire à tous pour vivre, s’aimer soi avant d’aimer autrui, se construire. Nous le savons tous. Un secret de famille  ne peut permettre  à la descendance de se construire comme il faudrait.  Mais ce n’est pas tant cette quête de soi qui m’a émue, je dirais même, au risque de décevoir l’auteur, certains blogeurs, et certains lecteurs, que cette recherche de vérité est seulement la trame du roman.

    Chaque page, chaque chapitre, chaque situation de ce roman est une ode à l’amour, aux sentiments vrais, à l’authenticité, et au respect de la vie de chacun. Catherine Locandro nous parle de l’amitié entre deux hommes, une amitié forte, irréelle même. Cette amitié rare, mais surtout masculine dont peu de personne parle. Oui, il existe aussi chez nos amis les hommes des émotions. Ils en sont capables, mais comme plus pudiques que nous les femmes, ils vous parleront d’amitié de bar, de fac, de lycée, de guerre… A travers chaque mot, chaque phrase nous palpons ce lien qui unit Lui à Mattéo.

    Et puis, fil d’actualité, Catherine pose des mots sur l’homosexualité, sur le regard des autres, et sur ce qu’en pensent les parents quand ils apprennent. Frédérique sera soutenue par son père quand elle lui apprendra qu’elle aime les femmes. Ce père accepte le choix de sa fille. Quelle belle leçon d’humanité et de tolérance.

    En bref, Catherine nous raconte la vie et surtout l’amour d’un oeil et d’une plume douce, criante de vérité, pudique mais oh combien incisive. Je referme le livre, heureuse et adoucie, troublée et émue. J’attendrais l’embellie pour rédiger ma chronique…Non, le 24 février est trop loin.

    Un livre à acquérir, à lire, et à partager.  

    PS : Deux pages ont été difficiles à lire pour moi, deux pages où Frédérique se pose dans ce bus qui l’amène là où habitaient ses parents, là où un 27 décembre 2012 ma vie a basculé. C’était mon chemin, et celui de Frédérique, vers une vérité. Nous avons eu le même chemin. 

  • J'ai vécu de vous attendre - Géraldine Maillet - Grasset

    Géraldine Maillet.jpg

    Ma dernière rencontre avec Géraldine Maillet remonte à l’année dernière, où la question qui se posait était « Il ferait quoi Tarantino à ma place ? » (éditions Flammarion). http://aposterioriapriori.hautetfort.com/archive/2011/12/07/noel-arrive-des-livres-encore-sous-mon-sapin-semaine-2.html

    J’avais très apprécié la vitesse à laquelle la plume de Géraldine se déplaçait. Une écriture facile, qui vous emporte. Des phrases courtes, un vocabulaire simple mais précis et juste qui cachaient les interrogations, les joies et les déboires d’une cinéaste qui courrait après les acteurs, les crédits, le personnel nécessaire pour réaliser un film.

    Nous nous étions quittées là, sur cette interrogation. Les mois s’écoulent, et pas de nouvelles.

    Janvier 2013, AFTER une année, le film est dans quelques salles parisiennes, Julie Gayet est restée aussi. Je ne peux le visionner de mon Nice ensoleillé, seuls les parisiens pourront découvrir le long métrage de Géraldine, mais je suis heureuse car elle a réussi. 2013 est donc une bonne année, qui plus est, Géraldine a repris sa plume pour nous livrer un « J’ai vécu de vous attendre » aux éditions Grasset. Chouette le mois de Janvier avec Madame Maillet.

    Le style est direct, la plume toujours aussi vive et rapide. Les mots courrent après les autres, le livre ne se lit pas, il se dévore. Au-delà de l’écriture propre à Géraldine, le fond du roman est tout aussi différent que son dernier roman.

    George Swington, la cinquantaine, une fille Lily, un fils Oscar, deux ex-femmes-amantes, Tamara et Frankie, une maîtresse Heather,  est contraint de rester à Paris. Il ne peut retourner à Londres comme prévu, les vols sont annulés par la seule faute d’un volcan islandais qui est entré en éruption.

    Coincé dans sa chambre d’hôtel, et dans ce Paris culturel et agréable, George revisite sa vie, les années passées, écoulées. De chapitre en chapitre, on découvre George. George père, George homme, George amoureux, et en simultané, George se découvre. Il se demande qui il est vraiment, ce à quoi il aspire. L’homme a cinquante ans, il parle avec ses ex, avec ses enfants, surtout Lily l’ainée. Il découvre sa fille sous un autre angle, ses ex aussi. Est-ce cette obligation de rester à Paris qui tend George à réfléchir sur ses relations avec les autres, mais avant tout sa propre relation avec lui-même. S’est-il menti, s’est-il trompé parfois ? Oui comme tout à chacun. L’auteur nous embarque avec elle, elle nous offre une place dans ce roman. Nous sommes là dans la chambre, l’oeil qui voit tout mais qui n’est vu de personne. C’est aussi cela, le talent de Géraldine. Une vision précise, et sous un angle particulier de l’homme, de l’être humain. L’oeil de la caméra, voilà en quoi Géraldine transforme son lecteur. 

    Un travelling-arrière s’enchevêtre avec le présent de cette chambre d’hôtel. George réalise qui il est, ce qu’il veut, ce qu’il ne veut plus, ce qu’il aime, ce qu’il n’aime plus.

    Sous l’encre de Géraldine s’ancre un George attachant, doux, honnête et lucide. Tout compte fait, cette éruption volcanique est aussi l’éruption du vrai George.

    Deux cent trente et une pages qui défilent, qui se plient, qui se dégustent, qui font sourire, et qui nous guident vers la découverte de soi. En refermant le livre, on souhaiterait être dans la situation de George. Une situation qui peut paraître difficile mais qui a permis à George de savoir qui il est vraiment. Une introspection divinement bien menée entre visites parisiennes, connexion Skype et Facebook, conversations téléphoniques, envois de mail, sympathie avec le personnel de l’hôtel.

    Géraldine signe là un doux roman qui se lit facilement, et qui nous mène au fond de nous-même, si l’on veut bien s’attacher à notre héros. 

    Quelques extraits

    • Dangereux pour moi. Parce que je suis en train de devenir quelqu’un d’autre ou enfin de devenir moi-même. (p61)
    • Je vais finir par repartir, alors. L’issue du combat est proche. George le Lucide est en train de terrasser définitivement George le Taciturne. J’assiste depuis trois jours au grand chambardement de mes planètes, à la rénovation de mon architecture intérieure, à une réconciliation, à un reparamétrage, à un tsunami dans ma base de données, mes contradictions se disciplinent dans une certaine harmonie. J’abats les troncs qui bouchent la vue. Ma noirceur s’irise. Mon misérabilisme me fait rire. J’ai de l’indulgence pour ma testostérone, ma calvitie est devenue tendance. J’ai piqué des sprints dans ma tête. Mon teinta rosi grâce à ce bol d’air climatisé. (p163)
    • Le couple d’en face s’est endormi devant la télévision. Il a la tête penchée en avant, elle sur le côté. Il a les bras croisés, elle les mains posées sur les accoudoirs. Finalement, ça ne ressemble à rien quand on dort à côté de la femme de sa vie. (p117)
    • J’ai envie de faire l’amour. Je dois manquer de tendresse. J’ai envie de marcher sur une plage. Je dois manquer d’espace. J’ai envie de plaire mais je ne suis plus séduisant. J’ai envie de me dépêcher, de prendre mon temps, de faire attention à ma ligne, de bouffer n’importe quoi, de changer toutes mes fringues, de mettre des photos de mes enfants partout chez moi, d’avoir 50 ans… (p189)

    Un beau roman, une belle histoire. Merci encore Géraldine, et succès à After.

  • Festival du Livre - Nice - Du 08 au 10 Juin 2012


    AFFICHE-NICE-2012 (1).jpgVendredi 08 Juin 

    14 heures
    Casquettes rouges + 60 élèves + 12 parents d'élèves = une visite scolaire au Festival du livre niçois. Belle après-midi en perspective, puisqu'en ma qualité d'enseignante je suis libre d'aller d'un stand à un autre. Ceci me permet de veiller au bon déroulement de la visite du salon par mes chérubins, mais aussi d'être en mission repérage pour les jours à venir.
    Quelques photos de stands : Brigitte Kernel en G2, à côté d'Akli Tadjer, Grégoire Delacourt et sa pile de liste des envies, Gilles Paris, et d'autres noms qui ne me sont pas inconnus. 
     
    Bref, alliant plaisir et boulot, l'après-midi se déroule très bien, rencontre avec Theresa Bronn, auteur de jeunesse, et illustratrice. Trente minutes partagées avec mes élèves et cette joie qu'est de voir les loulous attentifs aux propos de Thérésa. Et puis, cette fierté de se dire que dans la vie tout est possible et que je viens d'offrir, avec l'aide d'une maman, à une soixantaine d'enfants un moment rare qui s'ancre dans leur mémoire. 
     
    16h 45 : Retour at home, je me plonge dans le programme du Festival du Livre, puis mon téléphone retentit. Nice-Matin me contacte pour participer à la rencontre avec un auteur que je ne connais pas, mais en ma qualité de blogueuse il serait bien que je sois présente. Ok, finis-je par dire. Rendez-vous pris sur le stand pour le lendemain 14 heures. 
     
     
    BRIGITTE.jpgSamedi 09 Juin
     
    Le soleil brille, le ciel est bleu azur et le téléphone sonne : Ariane Bois m'informe de la présence de deux de ses amies qui écrivent et sont en dédicaces cette après-midi. Je passerai les voir, promis, juré, craché ;-) 
     
    Midi
    Que faire ? Je suis impatiente, il fait beau et je n'ai pas déjeuné. Décision prise, je me chausse, attrape mon sac, glisse quelques billets, descends les escaliers quatre à quatre et m'installe dans les Jardins Albert 1er (lieu du Festival du Livre), commande un café, et admire la foule (maigre certes à cette heure) déambuler dans les allées. Je me nourris du soleil, et prépare, hésitante, mon intervention auprès de Malek Chebel (homme que je n'ai jamais lu, oui j'avoue!).
     
    14 heures
    Débat avec Malek Chebel : complétement paumée dans le débat qui s'instaure. On parle guerre d'Algérie, dont on fête le cinquantième anniversaire de son indépendance. Perdue dans les propos qui font référence à ce pays que je ne connais pas. Je pensais que nous allions parler littérature, mais point du tout.  A cinq minutes de la fin du débat, Malek m'interpelle, me demande si j'ai une question. Oui, j'en ai une mais elle est plus littéraire. Il y répond sympathiquement. Bref, la rencontre est sympathique, cet homme est charismatique, excellent orateur.. Et puis, cela me vaut ma trombine dans le Nice-Matin du lendemain matin, et ça : ça n'a pas de prix.
     
    15 heures :

    Les écrivains arrivent. Brigitte Kernel, sera la première de mes rencontres parce que j'aime cette femme, parce qu'il me manque deux livres : "Autobiographie d'une tueuse", "Mon psy, mon amant", parce que son éditeur est un grand monsieur très humble, parce qu'elle est elle simplement, c'est à dire : douce, joyeuse, accueillante, intelligente... Et puis je lui avais promis un accueil niçois dans la grande tradition. Pari à moitié réussi car j'ai omis la livraison de la Socca (spécialité niçoise).
    A ses côtés, Akli Tadjer, l'auteur de "La meilleure façon de s'aimer" : je me présente vite fait, échange quelques mots, quelques regards, et ce truc indescriptible.. 
     
    Je vogue d'un stand à l'autre, maîtrise plus ou moins mon budget achat.

    De belles rencontres :

    • Gilles Paris adorable, souriant, doux... Un pur plaisir qui ne fond pas sous le soleil niçois. Je repars avec l'Autobiographie d'une courgette

    • Grégoire Delacourt : un ange passe, une tornade aussi... C'est ça Delacourt. Il n'a pas envie de coucher avec Lady Gaga, il a des envies simples et c'est sûrement cela qui fait son succès. Il reste dispo, déconneur (n'ayons pas peur des mots), et on ne peut qu'apprécier une telle humanité. 

    • Charlotte Valandrey : simple, naturelle et ce sourire radieux. Elle est une femme belle et humaine. Sa simplicité me surprend car je garde ce souvenir adolescent de Charlotte dans Rouge Baiser. J'acquiers "L'amour dans le sang", car son histoire me touche. Alors même s'il ne s'agit pas de littérature, je m'en moque, j'ai envie de lire son témoignage. 

    • Sylvain Tesson : bel homme, sportif, peu bavard (sûrement par timidité) mais en feuilletant ses ouvrages, je suis tentée, et ne résiste pas à "Dans les forêts de Sibérie" et "Vérification de la porte opposée". 

    • Johanna Assand : Jolie femme, mon oeil est attiré par son livre "Le carnet Moleskine". Le titre et la couverture m'interpelle, et ce petit bout de femme qui irradie l'énergie malgré une certaine timidité. Je vais à elle. J'ose, parle, échange et repars avec son ouvrage. Cette rencontre me rappelle une rencontre de Juin 2010 avec Barbara Israël : une attirance entre une lectrice et une auteur.. Un je ne sais quoi qui se passe. Est-ce un signe, je ne sais pas. Mais en plus Johanna est située quasi au même endroit que Barbara il y a deux ans. 

    17 heures 30

    L'heure du départ, je fais un tour pour saluer tout le monde, dire bonjour à Cécilia Dutter et Stéphanie (amies d'Ariane Bois). 

    Rendez-vous pris avec Monsieur Tadjer pour le lendemain afin d'acheter quelques-uns de ces livres, ma bourse ayant fondu comme neige au soleil entre le G2 et le G4, grâce aux rencontres énoncées ci-dessus. Et puis, c'est l'occasion de revenir, de revoir tous ces auteurs si sympathiques, touchants. 
    Retour à la maison : les étoiles brillent, tout compte fait ce salon s'annonce riche malgré l'absence de G. et de Barbara.

    Soirée à Antibes, et ce regard revient à ma mémoire, ses mots raisonnent en moi. Comment un auteur peut me toucher ainsi ? Je n'en sais rien, ça ne s'explique pas.
     
    NICE FESTIVAL.jpg

    Dimanche 10 Juin
     
    8 heures - 10 heures : Opéra Plage, seule, musique et livre.  Je croise Akli qui se nourrit du soleil niçois, le laisse profiter de ce moment rare, silencieux et reposant. Nous nous voyons dans quelques minutes.
    Je retrouve mon amie Anita, partageons un café et go the Festival du Livre.


    J'honore mon rendez-vous, achète trois livres à Akli Tadjer, "Western', "Bel-Avenir" et "Il était une fois.. Peut-être pas" et partage un café. Échanges, fous-rire, complicité, un truc insaisissable, comme un courant, un flot d'ondes. 
    Je croise Brigitte qui arrive, heureuse de sa matinée solitaire à vagabonder dans les rues niçoises. Toujours aussi touchante et à l'écoute. Anita sera touchée de cette rencontre. 
     
    Midi trente

    Repas avec les auteurs au Ruhl Plage : que de monde ! Du saumon, du poisson, du rosé bien frais, des discussions sur tout, sur rien, et encore des rencontres, et que de belles rencontres. Et puis nos regards, notre complicité, des moments volés.. Mais ça c'est une autre histoire.
     
    Au cours du repas, je sympathise avec Delphine Bertholon. Une fille géniale, dynamique, joyeuse, souriante. Mais méfiez-vous, elle cache son jeu. Si la mer était déchaînée dimanche, la seule responsable est Delphine ! La veille elle a osé abandonné la mer méditerranée qui s'était amourachée d'elle. Sacrée Delphine : par ta faute le gros bateau qu'on craignait voir accoster à nos côtés a dû pointer vers Toulon. Mais elle est tout excusée car elle est au top Delphine et en plus elle kiffe le lin de Monop, comme moi ;-)
     
    Alentours de 15 heures

    Retour au Salon. Je clôture mes achats avec Cécilia Dutter (qui était à notre table à midi) et "Lame de fond".  

    Retrouve Delphine avec qui je décide de faire "Cabine commune" au Monop uniquement pour le lin.. Peut-être est-ce "L'effet Larsen" ? Ma fille s'offre Twist de Delphine, aussi... 

    En remontant l'allée pour dire au revoir, je suis interpellée par Grégoire, toujours aussi sympathique et avenant. Assis à côté d'Amandine Cornette de Saint Cyr, il ne cesse de dédicacer sa liste des envies, et me promets qu'il me faut absolument acheter "Les dents de ma mère" de sa charmante voisine. Sachez une chose, vous qui me lisez, on ne résiste pas aux arguments de vente de Grégoire Delacourt. 

    Gilles Paris me voit de nouveau : d'une je dois lui témoigner mon bonheur de l'avoir rencontré, et d'avoir échangé avec lui. De deux, je veux absolument lire "Au pays des kangourous" donc j'achète le livre. 

    Et puis G2, dire au revoir à Brigitte Kernel, Cécilia Dutter et Akli Tadjer et ça "Ca me fend le coeur". 
     
    FIN FESTIVAL.jpgJe n'ai pas envie de  partir, ou plutôt si, je veux partir avec cette bande d'auteurs simples, sympathiques, déchaînés comme la mer, souriants, humains...Mais toute bonne chose a une fin, mais je n'en veux pas de cette fin, moi. Je suis bien avec eux.

    Je ne sais si les émotions sont partagées, mais sachez que vous avez tous enrichi mon âme, et surtout j'ai été trés touchée de tous vos mots sur mon blog, sur ma vision de la littérature. Vous avez partagé avec moi, vous m'avez demandé de rester telle que je suis, et sachez que oui je resterai celle que je suis. J'acheterai encore mes livres, je ne brosserai pas dans le sens du poil, je ne me ferais pas payer pour mon blog malgré son succès car je veux être libre et cette liberté n'a pas de prix. 

    Je regarde les avions s'envoler, et je voudrais tant être avec vous. 

    Bon vol chers amis, mais je souhaite qu'un parmi vous sache qu'il m'a émue, qu'il a fait naître en moi un truc que je ne peux définir mais qui me déstabilise vraiment. 
    Peut-être oserai-je un jour mettre des mots sur ses émotions qu'il a su me donner et faire naître ?
     
    Lundi 11 Juin
     
    Vous raisonnez encore en moi. Anita comprend mon état vis-à-vis de cette rencontre, elle a été impressionnée, et surtout elle m'a dit "Tu étais vraiment dans ton élément".
     
    Faut vraiment que j'ose, mais en attendant je vous embrasse tous, plus affectueusement un auteur, et vous dis à très vite.

    Des baisers par milliers à vous et à G.