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prix littéraire

  • Quand la Petite Maison décerne son premier prix littéraire

    Ce mois de mai 2017 a vu naître le Premier Prix Littéraire de la Petite Maison à Nice. Nicole Rubi nous a offert une parenthèse enchantée dans son restaurant où littérature et cuisine niçoise se sont mariées à merveille. 

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  • Prix Messardière - Roman de l'été - 2014

    messardiere 2.jpgVoici un mois, je vous informais de ce prix littéraire dans ma chronique "Prix Messardière 2014"

    J'ai eu l'honneur d'être l'invitée d'Alexandre Durand-Viel, directeur général du Château de la Messardière, pour ce week-end placé sous la remise du Prix Messardière - Roman de l'été, en ma qualité de blogueuse littéraire. 

    Arrivée samedi aux alentours de 13 heures, l'accueil réservé par Alexandre Durand-Viel relève de la bienveillance et de la simplicité dans un écrin luxueux qu'est ce fabuleux château. Le déjeuner sur la terrasse surplombant Saint-Tropez, avec vue sur la mer, n'est qu'un délice difficile à décrire. Les convives parmi lesquels je prends place ne sont que bonne humeur, rires, humour dans une ambiance décontractée. Le déjeuner est succulent, mêlant subtilement saveurs et produits frais. Les papilles gustatives sont en émoi. 

    Jean Brousse, Président du Prix, est un homme bon, qui aime la vie, qui aime vivre, qui manie la langue française avec délicatesse et qui n'a de cesse de semer sa bonne humeur. Patrick Mahé et son inséparable écharpe bleue cobalt, est un homme de lettres, un homme heureux aussi. Ces deux hommes du monde littéraire n'ont cesse de conter anecdotes, mais sont aussi des hommes à l'écoute et avec qui le dialogue est aisé et intéressant. Deux très belles rencontres. Jacques de Bono, journaliste radio, arrive. Il est un homme touchant, et qui a lu tous les livres présentés. Il a fait son boulot jusqu'au bout, annotant les livres, rédigeant des notes. Il nous le prouvera lors du grand oral des trois romancières, même si ses interventions ont quelque peu étonné, il est un journaliste professionnel. Nicky et Marie-Pierre sont à ma droite, et elles sont de ses femmes élégantes qui inspirent le respect et s'avèrent des personnes douces et à l'écoute. Un déjeuner comme je les aime, entre gens cultivés mais n'omettant pas que la vie est courte et que rire est bon, accompagnée de mon mari et en compagnie d'Alexandre Durand-Viel, un homme qui sait recevoir.

    L'après-midi est ponctuée d'interview. Les romancières sélectionnées n'ont de cesse de répondre aux questions des journalistes présents : de Public-Sénat à Global TV. Pour ma part, je m'installe et découvre ce palace. Je relis mes quelques notes sur les trois romans sélectionnés, prend connaissance du dossier de presse du Prix délicatement mis à ma disposition dans ma chambre avec vue sur les collines et la mer. 

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    L'heure du grand oral approche. Parce que le Prix Messardière n'est pas comme tous les autres prix. En effet, les auteurs doivent passer un "Grand Oral". Je vous explique. Chacun des auteurs devra s'exprimer devant le jury et le public pour parler de son roman sélectionné, puis se devra de répondre aux quelques questions posées. 

    Rendez-vous est donné au Patio, un lieu qui apaise, sobre et luxueux. Le jury prend place, le public s'installe, et au bout de quelques minutes la salle est remplie. Je retrouve avec joie Jocelyn Dailly, libraire de la Croix-Valmer. Je parcoure de mes deux yeux l'assemblée et je ne peux que constater que la moyenne d'âge avoisine la soixantaine. Je me demande pourquoi dans toutes les manifestations littéraires, les jeunes ne sont pas présents. La littérature aurait-elle désertée l'esprit de notre jeunesse ? Mais passons, en tout cas pour l'instant.

    Beaucoup de personnes présentes n'ont pas lu l'intégralité des trois livres en lice, mais beaucoup ont entre les mains les trois romans, et ceux qui ne les ont pas acquis le feront par la suite lors du cocktail. Comme quoi, l'oral qui va se dérouler dans quelques minutes a un pouvoir de persuasion sur l'auditoire. Ce que mon mari, pas lecteur, me confirmera par la suite, puisqu'il me confiera que cette épreuve lui a donné envie de découvrir ses plumes littéraires. 

    Jean Brousse présente l'ensemble des membres du jury : Didier Van Cauwelaert, écrivain et lauréat 2013 ; Marie-Christine Imbault, journaliste pour Livre Hebdo ; Antoine Lanzaro, libraire de Saint-Tropez ; Patrick Mahé, journaliste, écrivain et organisateur des Nocturnes à Vannes ; Daniel Martin, journaliste et critique littéraire à La Montagne ; Marianne Payot, journaliste et critique littéraire à l'Express ; Gonzague Saint Bris, écrivain ; et la magique et magnifique Macha Méril, comédienne et auteur, entre autres, de "L'amour dans tous ses états" (Flammarion). Il n'omet pas non plus de souligner la présence de Michel Legrand, parrain de cette édition, et incroyable compositeur que tout le monde connait, qui a écrit "Rien n'est grave dans les aigus" (Le Cherche Midi)

    Alexandre Durand-Viel remercie ses différents partenaires, la génération 2012 du Prix Messardière, présente en partie, et JP Gérard artiste qui offre aux trois romancières une de ses créations. 

     

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    Gonzagues Saint Bris, auteur de "Le Marquis de Sade" et "Tête à tête avec Georges Sand" (dernières actualités littéraires) prend la parole à son tour, et l'on retiendra de son discours que la Messardière est un grand hôtel littéraire, une image dans le paysage français, que la dédicace est un moment magique pour l'auteur comme faire l'amour, et cette citation de William Butler Yeats "Marche doucement : parce que tu marches sur mes rêves". 

    Le grand oral sonne enfin, nos oreilles sont grandes ouvertes pour écouter Fréderique Deghelt pour Les brumes de l'apparence (Acte-Sud), Françoise Cloarec pour De père légalement inconnu (Phébus) et Colombe Schneck pour Mai 67 (Robert Laffont). 

     

     

    DSC00844.JPGColombe Schneck sera la première à se lancer, confortablement installée sur une chaise haute. Un tirage au sort a déterminé l'ordre de passage, notons-le. 

    Pour son auteur, Mai 67 est une parenthèse enchantée. Elle nous explique qu'elle cherche le bonheur, le soleil, l'amour dans ses livres (sept à son actif). Elle a voulu nous conter Brigitte Bardot, l'instant d'une histoire d'amour avec un technicien accessoiriste, en mai 67. Pour Colombe, BB est la beauté,elle est le symbole d'une grande liberté, elle est une révolutionnaire sans le savoir. L'idée est venue à Colombe après avoir lu "Initials BB", dont Patrick Mahé a d'ailleurs l'original chez lui. En dévorant cette biographie, Colombe Schneck a été happée par une phrase "F mon chauffe coeur". De là, elle nous explique que son roman s'est dessiné. Elle a eu la chance de rencontrer F qui lui a conté ce que c'est que d'être aimé par BB. L'année67 est une année importante que l'on oublie. C'est l'époque de la chasse à Bardot par tous. BB est une charnière entre deux époques. 

    Colombe nous parlera aussi, suite à une question de Didier Van Cauwelaert, de JM Roberts qui a été son premier éditeur. Les yeux de Colombe s'humidifie d'ailleurs dès qu'elle parle de cet homme que personne ne peut oublier.

    DSC00845.JPGL'heure est à Françoise Cloarec pour son roman "De père légalement inconnu". Cette romancière est aussi peintre et psychanaliste. Elle nous parle de Séraphine, son sujet de thèse, mis plus tard à l'écran avec l'incroyable Yolande Moreau. Pour Françoise il est nécessaire, utile, indispensable de mettre des mots sur les émotions. Françoise écrit sur des inconnus. Dans son dernier opus en lice pour le prix, elle écrit sur un adjujant, elle se met dans la peau d'un homme donc. Elle nous conte l'histoire de son roman. Une rencontre pas comme les autres. Mais je ne vous en dirais pas plus. Son roman conte le parcours d'une jeune fille née après la guerre en Indochine. Une jeune fille qui veut savoir qui est son père. Un militaire français parti après la guerre. Une histoire de metissage, un hommage aussi à ces 5 000 enfants nés à cette époque. Pour Macha Méril, c'est une prouesse d'écriture que signe là Françoise Cloarec. C'est un livre qui instruit, c'est un livre d'écriture, optimiste et ne pas oublier que le métissage est un avenir. 

    L'heure tourne et nous sommes tous absorbés par cet oral qui est un pur bonheur. 

    DSC00847.JPGVient le tour de Fréderique Deghelt pour Les Brumes de l'apparence (Acte-Sud). Un peu déjantée, Frédérique nous explique qu'elle n'a pas choisi d'être écrivain, elle a choisi d'être journaliste, ce qu'elle sera durant de nombreuses années. Frédérique a toujours écrit (des poèmes, des nouvelles, des histoires) depuis petite. Elle continuera tout en étant journaliste. Puis, le premier roman voit le jour, est publié, et Frédérique peut dès lors se consacrer à l'écriture. Elle est une des rares auteurs à pouvoir vivre de sa plume. Elle nous dit attendre qu'un personnage vienne à elle. Dès lors, elle peut alors prendre sa plume et couvrir les pages de son écriture. Elle capte les instants de vie. Son héroîne est une femme de l'apparence, une vraie parisienne, au mauvais sens du terme. Elle va découvrir sa famille, et avoir contact avec l'au-delà. Son roman est fait de scène sensuelles avec la nature, décrit un rapport avec le monde invisible qu vaut l'internement de l'héroîne. 

    Le temps du délibéré est arrivé. Après quelques minutes d'attente, de suppositions dans le public, d'échanges entre chacun, les avis sont très partagés. Chacune de ces trois romancières a su interpeller le public. 

    Le verdict ne se fera pas attendre, et le Prix Messardière-Roman de l'été 2014 revient à Colombe Schneck pour Mai 67. 

     

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    Je puis enfin le dire maintenant, mais c'était mon choix. En effet, ce roman a tous les critères du roman de l'été tel que je le perçois. 

    Je vous livrerais dans quelques jours, la suite de mon séjour dans ce château tout simplement magique, et puis je vous donnerai aussi mon analyse de ces trois romans en tant que lectrice. Je peux d'ores et déjà vous avouer que les trois gagnent à être connus, et qu'ils sont des livres à glisser sans aucune réserve dans vos valises estivales. 

     

     

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  • Prix Messardière 2014

    logo.jpgIl est de ses rencontres qui bouleversent votre quotidien.Telle fut ma rencontre ce vendredi avec Sarah Lhermitte à la tête de Made In Riviera, le mensuel 100% Nice et Côte d'Azur qui en cette nouvelle année, s'est associé à Culture Mag.

    Autour d'un café et d'un coca (même plusieurs cafés, avouons-le), nous n'avons eu de cesse de parler de la culture dans notre région que nous chérissons tous. Me sachant passionnée de littérature, Sarah m'offre un open space pour vous causer livres, pour vous faire découvrir des auteurs, une fois par mois donc dans son magazine. Vous dire que je suis heureuse est anodin, vous dire que j'ai un peu le trac l'est moins car il est réel.  prix messardiere,saint tropez,prix littéraire,roman français,made in riviera

    Mais en attendant l'édition du mois de Mai, et en partenariat avec Made In Riviera et Culture Mag, je vais vous parler d'un prix littéraire, le "Prix Messardière"

     

    Le Prix Messardière est décerné chaque année au Hôtel Château de la Messardière à Saint-Tropez. Ce lieu mythique et majestueux fut d'abord un château construit au XIXème siècle. Le château a connu le faste de fêtes somptueuses accompagnées par la douceur d'accords de musique, ou l'abandon, livré selon la légende, aux quatre vents. C'est donc un lieu chargé d'histoire, où il règne en effet une atmosphère particulière, à la fois excitante et mystique. 

     

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    Il est donc un lieu où les artistes sont nombreux, où les artistes internationaux du très élitiste Festival Classique de Ramatuelle ont élu domicile, où une place de choix est réservée à Victoire de la Messardière qui expose ses œuvres dans le château de ses ancêtres. Il est un lieu sur les terres de Colette et de Sagan où manquait la littérature, et où en 2011 la Première édition du Prix Messardière a vu le jour. 

    Ce prix a pour vocation de désigner le livre qu'il faudrait retenir, le livre que nous emporterions si nous devions en choisir un seul. Un roman qui va nous accompagner dans nos villégiatures estivales, le texte pour ces moments de repos et de liberté, l'ami fidèle, agréable et enrichissant avec qui nous souhaitons passer l'été qui s'annonce. Il s'agit donc du prix du roman de l'été. 

    Plus que jamais engagé dans une démarche artistique, le Château de la Messardière s’ouvre au monde de la littérature en créant donc ce prix. Ce nouveau rendez-vous culturel n'a d'autre ambition que de vous aider à choisir "LE" roman qui accompagnera vos moments de détente de d'évasion durant la saison estivale. 

    Pour cette quatrième édition, 17 éditeurs ont présenté 27 livres. Lors de sa première réunion le jury a sélectionné les ouvrages suivants :

    • Tuez qui vous voulez d'Oliver Barde-Capuçon - Acte Sud
    • Fais le pour maman de François-Xavier Dillard - Fleuve Noir
    • De père légalement inconnu de Françoise Cloarec - Phébus
    • Un garçon disparait de François Rivière - Rivages
    • Les brumes de l'apparence de Frédérique Deghelt - Acte Sud
    • L'autre de Sylvie Le Bihan - Le Seuil 
    • Le Piège de Lovercraft d'Arnaud Delalande - Grasset
    • Le livre de René Belleto - POL
    • Mai 67 de Colombe Schneck - Robert Laffont
    • Les rouges de Pascale Fautrier - Le Seuil 

     

    Le roman qui remportera ce prix, est donc un roman français, une oeuvre de fiction populaire touchant à l'évasion sous toutes ses formes : amour, aventure, histoire, suspense. 

    Nous connaîtrons d'ici peu les trois finalistes, et le lauréat sera connu fin mai. Le  prix sera remis sur les belles terres varoises, dans un cadre féerique. Je ne manquerais pas de vous tenir au courant. Vous pouvez compter sur moi.

    Les lauréats des années précédentes :

    - La femme de nos vies de Didier van Cauwelaert - Albert Michel (2013) 

    - Le quadrille des maudits de Guillaume Prévost - Nil (2012)

    - L'odeur du figuier de Simonetta Greggio - Flammarion (2011)

    Les membres du jury 2014

    • Michel Legrand : parrain 2014
    • Jean Brousse, Président
    • Didier van Cauwelaert, écrivain - lauréat 2013
    • Marie-Christine Imbault, journaliste - Livre Hebdo
    • Antoine Lanzaro, libraire de Saint-Tropez
    • Macha Méril, comédienne
    • Patrick Mahé, journaliste et écrivain
    • Daniel Martin, journaliste et critique littéraire à La Montagne
    • Marianne Payot, journaliste et critique littéraire à L'Express
    • Gonzague Saint Bris, écrivain. 
  • D'autres prendront nos places - Pierre Noirclerc - Flammarion

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    Premier roman de Pierre Noirclerc qui voit le jour suite à un concours organisé par WeLoveWords, première plate-forme communautaire destinée aux auteurs. 

    Pierre y participe "pour voir", et Pierre devient le grand gagnant. Son roman parait, alors, le mercredi 9 novembre aux Editions Flammarion. Une aventure qui finit bien, un conte de fée qui débute car je lui souhaite tout le succès possible, mais de celà j'en parlerai plus tard.

    "D'autres prendront nos places" attérit entre mes mains un certain mercredi 9 novembre, seul mercredi de l'année où je travaille, toute la journée, avec mes élèves. Un verre de rosé, une chaise sur ma terrasse, et me voilà embarquée dans l'aventure de Pierre, le héros et non l'auteur, quoique l'auteur transpire dans le narrateur.

    Quatrième de couverture alléchante, prometteuse ; première de couverture réussie, artistique où je ne vois que l'horizon. Est-ce l'horizon de la génération Y ? Puis, mes yeux sont attirés par ce carrousel, cette balançoire. Une première de couverture qui créé déjà des horizons d'attente de lecteur en moi. (+1)

    Page 24 cornée, pour cause : "Quand on est touriste, il faut payer partout ; finalement c'est la même chose que d'être citoyen". J'aime cette phrase, j'aime cette vision de la société actuelle où tout est fric. Il commence fort Pierre l'auteur, il commence fort Pierre le héros. 

    Pierre, héros et narrateur, me mène à Paris, puis à Londres via l'Eurostar. Je déambule dans l'auberge de jeunesse, boit un coup avec un certain Johnny, ai dans ma poche le mail de l'inconnue assise à côté de moi dans l'eurostar. 

    Le roman commence fort, l'écriture est vive et rythmée.

    Retour à Paris. Pierre pose ses valises dans la capitale, pense trouver du boulot, compte s'installer ici, loin de sa famille, loin de son trou perdu. Je suis toujours là, à ses côtés. Moi, lectrice Y, je suis l'ombre de Pierre. Je vis ce qu'il vit, je ressens ce qu'il ressent. Elle est belle la plume de Pierre, elle a réussi à m'embarquer avec lui. Rares sont les auteurs qui arrivent à rendre leurs lecteurs ombre de leur héros. 

    Moi, lectrice Y, ombre de Pierre, génération Y, je découvre Pôle emploi, les locations meublées parisiennes et de sa périphérie. Je fais la connaissance d'une nymphomane, d'un directeur d'agence d'intérim peu scrupuleux, de la vie parisienne. Je bénéficie alors du RSA, de la gratuité des transports en commun, je suis embauchée pour faire l'inventaire à la FNAC. Je rencontre Chloé. 

    J'ai un idéal, je le cherche, je le poursuis, mais vais-je y arriver avec Pierre ? 

    De soirées passées avec ma bouteille de whisky bon marché ou avec des canettes de bières achetées dans une supérette discount, d'entretiens d'embauche en entretien d'embauche, du RER au vélo, je vais vivre Paris et sa banlieue. Je sens les effluves du métro, je sens les gens autour de moi, dans la rue. Je découvre la vie parisienne.

    "J'ai repris le métro. La rame était bondée. On était les uns sur les autres, on se respirait les aisselles et pourtant on ne s'aimait même pas" (page 83)

    La voisine cinglée existe vraiment, l'employé de Pôle Emploi est réel, j'embellis mon CV, je mens, j'invente, j'improvise, mais il me faut vivre quand même. Ne serait-ce payer mon loyer pour un studio miteux à la périphérie. 

    Je vais à des concerts "rock" qui ne m'emballent pas, je paie à boire à une éventuelle conquête amoureuse. Bref, la vie. 

    Je découvre le mal-être, la lucidité, le faux semblant, l'espoir de cette génération Y.

    Sujet banal me direz-vous. Certes, la thématique du roman est banale, mais la plume, elle, ne l'est pas. Les descriptions sont vivaces, justes et réelles et c'est par cette magie-là que le thème du roman en devient très intéressant, limite sociologique.

    "Je crois que nous venons tous au monde avec des désirs de perfection qui s'amenuisent au contact de la réalité. Quand la vie vous met à genoux faut bien revoir ses ambitions à la baisse." (page 220)

    Les sentiments, les ressentis sont d'une véracité foudroyante. 

    Un roman jeune, libre, sans faux-semblant, caustique, romantique, mordant, juste, vrai, beau.

    Pierre Noirclerc n'a pas trente ans, sa plume est jeune, son style est concis, précis, haletant. Pierre me confie qu'il veut être écrivain. "Mais voilà : pour écrire il faut vivre et ressentir ; et quand on est dans le formol depuis un quart de sicèle comme moi, qu'on vient d'un trou perdu où il ne se passe rien et qu'on est voué à une existence morne, il n'y pas grand-chose à raconter."

    Pierre et Pierre, continuez à êre écrivains, ça vous va bien. 

    Un jeune auteur à suivre, à surveiller.

    Un livre à recommander, à lire, à déguster.