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2013

  • Mots d'amour matérialisés pour Noël, sous forme de livres, bien évidemment !!!

    Tout d'abord, merci M. pour cette formulation
    "Mots d'amour matérialisés" que j'affectionne particulièrement. 

    Le sapin est en place et décoré. 

    Le menu est élaboré, la dinde est commandée. 

    La tenue de fête est payée, emballée et rangée. 

    Les cadeaux sont emballés, mais voilà, il manque une idée pour la copine, le pote, la grand-mère qui en a marre des foulards et autres babioles, le fils de l'amie qui a déjà le coffre à jouets rempli et débordant, le patron, la collègue de travail.. Alors voici quelques idées, car oui un livre ça s'offre, ça fait plaisir, c'est un budget très raisonnable, c'est culturel (parfois), ça fait rêver (dans sa tête), ça instruit, ça étonne, ça détonne, c'est une bulle dans notre quotidien, et non ce n'est pas impersonnel. 

    Voici ma première sélection, la suite très bientôt... Avant Noël, c'est promis 


    A celle(s) qui bave(nt) devant Nicolas Bedos, à celui qui a des préjugés sur Nicolas Bedos

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    Nicolas nous invite à partager une année en sa compagnie. Dans ce récit, on retrouve tout le brio du mémorialiste, mais pour la première fois, il y relègue l'actualité au second plan de l'intime : on découvre alors un Nicolas Bedos inattendu, mélancolique et amoureux, qui affirme livre après livre un grand talent d'écrivain. 

    Un chouette récit, à déguster. 


    Nicolas Bedos - La tête ailleurs - Robert Laffont - 20 euros

     



    A  la copine, l'amie avec qui on parle de trucs de filles

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    On n'a jamais conscience de son bonheur est un chouette résumé de ce livre écrit par Isabelle Alexis. Comment ça vous ne connaissez pas Isabelle ? Impossible. Isabelle est douée pour nous conter des histoires de filles comme on les aime. Ici, on croit au prince charmant, à l'histoire d'amour qui change notre vie. Tout commence mal pour Aurélie, licenciée et trompée, elle monte à Paris voir son frère. Lors d'une soirée un peu arrosée, et entourée des amis de son frère, Aurélie va se retrouver dans une situation quelque peu mouvementée. Découverte d'un autre monde, et de l'amour... Riche en rebondissements. Rires assurés. 

    Isabelle Alexis - Ta vie est belle - Flammarion - 19 euros 

     



    Aux nostalgiques de Dylan, Hendrix, les années 70


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    Pop music, psychédélisme, drogue, quartier latin...Bref, Paris dans les années 70. Alexandre Mathis nous dévoile ce Paris là. Il est jeune, gratte la guitare, se défonce...LSD comme Liliane, Sony et Dora, les trois jeunes filles au centre de ce roman, au milieu d'autres personnages. LSD comme Liberté, Suicide et Défonce. Un livre qui ne laisse pas insensible, à ne pas mettre entre toutes les mains cependant, mais un sans faute littéraire. 



    Alexandre Mathis - LSD 67 - Serge Safran - 23.50 euros

     


    A un fan de Warhol

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    Brigitte Kernel nous offre là un portrait anecdotique et attachant d'Andy Warhol au cours de onze séances chez son psy, suite à la tentative d'assassinat dont il a été victime. On y découvre un Andy hanté par les démons, un Andy protecteur.

    Une très belle lecture. 



    Pour en savoir plus, http://aposterioriapriori.hautetfort.com/archive/2013/05/07/andy-de-brigitte-kernel-plon.html


    Brigitte Kernel - Andy - Plon - 17 euros 

     

    A ceux qui aime Jacques Chancel, ou/et l'Indochine, l'histoire

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    A travers un récit littéraire, nostalgique et émouvant, Jacques Chancel, raconte pour la première fois ses souvenirs inédits d'Indochine.


    Avec le charme et l'élégance qu'on lui connaît, il nous entraîne dans le Saigon des années des 50, entre fumeries d'opium et violences d'une guerre qui ne fait que commencer, c'est tout une époque, tout un monde, qu'il ressuscite.


    Jacques Chancel - La nuit attendra - Flammarion - 19 euros 

     

     

     

  • Le soleil foudroyé de Christine Baron - Au pays rêvé


    image.jpgCe livre a atterri dans mes mains grâce à Marc Magro. Ce dernier à organisé ma rencontre avec Christine. Touchée par cette femme dont la voix est une ode à l'amour, j'ai acquis son roman "Le soleil foudroyé" avec comme seul indice qu'il s'agissait d'un témoignage d'une personne touchée par le décès d'un proche, la perte d'un être cher.

    Étant sensibilisée par le sujet pour être orpheline de père depuis mes vingt ans, mais quelque peu angoissée par ce plongeon littéraire dans le monde médical, c'est à pas de velours que j'ai commencé la lecture de ces quelques centaines de pages. Mon idée première à l'ouverture du livre était de "prendre la température" souhaitant avant tout faire une pause dans mes lectures "médicales" (je venais de refermer Médecin d'urgences de Marc Magro).

    Mais ce n'était sans connaître le don d'écriture de Christine Baron. Je n'ai pu lâcher le livre. Ouvert hier soir, soit jeudi soir, il n'a cessé de me hanter, atterrissant ainsi dans mon bagage a mains pour m'accompagner dans mes escales !! Mais à une heure du matin, allongée dans le hall du terminal 3 Roissy Charles de Gaulle, je referme avec regret mais avec un doux sourire aux lèvres ce témoignage bouleversifiant !

    La narratrice, Christine en l'occurrence, nous conte la maladie de sa petite fille Marine. Un cancer de la glande surrénale, cas rare et malheureusement sans issue positive.

    Au fil des pages, la narratrice nous plonge dans ses pensées, dans ses convictions, ses sentiments les plus intimes, sa colère et paradoxalement ses espoirs, même si les médecins lui ont dit que d'issue heureuse il n'y aura pas.

    Christine maîtrise l'art de la métaphore, l'art de conter mais surtout l'art de témoigner sans tomber dans le pathos. Sentiment étrange que de lire un tel témoignage et ne pas ressentir de la pitié. Christine ne veut pas qu'on la plaigne, qu'on la console, seulement que l'on sache. Quel talent pour arriver à une telle narration qui vous insuffle quelques sourires au fil de la lecture.

    Je suis touchée, à travers les mots et les maux de Chrisitine, transpire aussi la pudeur et c'est ce qui fait que l'on ne peut qu'aimer son écrit, le partager.

    À titre personnel, je me suis reconnue au fil de plusieurs pages, quand la narratrice nous fait part de ses convictions religieuses qui ne sont plus. Car comment croire en un Dieu qui vous ôte à vie votre petite fille ? Tel fut, et est encore, mon sentiment quand incertain mois de septembre on m'a pris mon père alors âgé de trente neuf ans. Comment croire ?

    Merci Christine pour vos mots, votre partage tout en pudeur et pourtant si personnel.

  • FeStival du Livre de Nice - Juin 2013 - Partie 2

    Cette deuxième, et avant-dernière, journée s'annonce particulièrement riche en rencontres, en retrouvailles. J'ai hâte, et paradoxalement je prends mon temps pour me préparer, profitant de ce samedi matin en famille. 

    Presque onze heures, mon fils aîné m'a abandonnée pour trois mois, alors je m'en vais partager un café avec mon amie Anita. Oui, Anita, celle qui était là aussi l'année dernière à mes côtés. Café sur la Place Masséna, puis direction la place Gautier. 

    Je ne lui laisse pas le temps de se promener, je la dirige avec une certaine autorité, mais beaucoup de complicité au stand G4. Elle doit rencontrer Catherine et son Enfant de Calabre, aux Editions Héloïse d'Ormesson. Je  lui offre, Catherine lui dédicace, et Fabienne Blanchut nous rejoint pour des retrouvailles tant attendues, et pour me remettre les Coquinettes pour la malicieuse Malizzia. Nous prenons rendez-vous pour midi, en attendant je reste avec mon amie Anita, et nous nous promenons (ou piétinnons précisemment) dans ce dédale auquel je ne me fais pas. 

    Midi : Anita m'embrasse, rendez-vous demain matin, et hop hop je rejoins mes amies Catherine et Fabienne. Loin de la foule, des auteurs, nous discutons de tout et de rien devant une salade et un verre. Nos retrouvailles relèvent de la sphère privée, alors passons au  début d'après-midi, mais MERCI les amies. Hâte de vous retrouver.

    Quatorze heures trente : certains auteurs tant attendus sont derrière leurs piles de livres, le sourire sincère ou figé. C'est ainsi qu'une auteure me recevra, et me fera fuir. Son air détaché, antipathique a cassé mes envies de rencontres. Clémentine Célarié arrive, naturelle, souriante. Se pose à côté de Richard Bohringer, et là une demi-heure surréaliste. Je me retrouve au milieu d'eux deux. Nous discutons à bâtons rompus, ils  sont simples  et surtout  égaux à eux-mêmes. Pas de distorsion entre la fiction et la réalité. J'apprécie simplement. 

    Café avec mon cher G. Cela aussi relève de la  sphère privée, mais quel moment. Merci G.

    Et puis, la fatigue, la jambe qui fait mal, qui est douloureuse, alors je me pose au Stand G2, accompagnant Isabelle Alexis dans ses dédicaces, et c'est parti pour deux heures de fou-rire et d'anedoctes improbables, mais oh combien réelles. Isabelle apprendra un nouveau mot (tout comme  moi) : chagasse... Nous n'avons toujours pas compris ce que ce dernier signifiait, mais la dédicace a été faite à Chagasse. (Si tu me lis, explique moi ce que c'est donc)... Et ces deux jeunes hommes, qui demandent à Isabelle si son livre parle de la Corée. Regards interrogateurs entre nous ? Pourquoi la Corée ? Ben, y a PSY dans le titre, donc Corée.... Sans voix nous sommes restées. Et puis, cette dame attendrissante qui cherche un éditeur pour son autobiographie, et ce jeune G. qui en un tour de pirouette nous a échappé... 

    Bref, après cette pause fort sympathique, retour dans les allées. Continuer mes achats, mes rencontres, et comprendre comment se monte un FeStival du Livre. Que de découvertes !

    Ma journée tire à sa fin, il est presque dix neuf heures. Je m'en vais quand soudain un homme me regarde, me décroche un sourire. Qui est-il donc ? 

    Je cherche, sa trombine me parle.. Il m'accoste, me demande si je suis bien Bérangère. Ben oui, je réponds, un peu méfiante. Il se présente. Il se nomme Nicolas Rey. 

    Je rentrerai plus tard chez moi donc, et reviendrais demain.


  • Festival du Livre de Nice - Juin 2013 - Partie 1

     

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    Le feStival du livre de Nice a ouvert ses portes hier, vendredi 7 juin, sous un soleil azuréen bien présent. 

    Les festivités ont débuté avec le discours de Monsieur le Maire, Christian Estrosi, et la remise du prix "Baies des Anges", remis à Valérie Tong Cuong pour son Atelier des miracles, paru aux éditions JC Lattès en ce début d'année 2013.

    Présente au rendez-vous, discrète et boiteuse, j'ai profité de cette après-midi pour faire un premier repérage pour ce week-end tant attendu.

    Tout d'abord, la découverte des lieux. Contrairement aux années passées, le festival se tient cette année, cause travaux de la coulée verte, entre le Palais de Justice et la Place Gautier. Vous trouverez littérature de jeunesse, livres d'occasion et bd sur la place du Palais de Justice. Pour le reste, ce qui m'interesse plus fortement, tout se déroule place Gautier. Si dans les allées, il se murmure que ce nouveau lieu est bien plus agréable que le jardin Albert 1er, là où se déroulait d'ordinaire le festival, mon avis n'est pas le même. Je préférais les alentours du théâtre de Verdure. Peut-être est-ce dû à ma difficulté de marcher. J'ai eu l'impression d'être dans un labyrinthe, et pas d'endroit  où se poser, à part les bars du Cours Saleya. Bref, là n'est pas mon propos du billet.

    Vendredi 7 juin : après-midi

    Je flâne, traîne ma jambe dans le dédale des stands tenus par les différents libraires niçois. Et oui, à Nice les libraires invitent les auteurs. Donc pour trouver un auteur, encore faut-il savoir par quel libraire il a été invité. Mais rassurez-vous, on s'y retrouve facilement. 

    En ce début d'après-midi, peu d'écrivains présents, mais quelques uns quand même, à commencer par Valérie qui est sollicitée de droite et de gauche. J'arrive quand même à la rencontrer, à échanger avec elle. Une femme simple, belle et douce. Premiers achats aussi : L'ardoise magique et Noir dehors se retrouvent dans mon sac, encore léger en ce début d'après-midi. Lors de cette rencontre, mes oreilles et mon esprit sont attirés par une jeune femme brune qui présente un beau projet à Valérie. Il faut que je retrouve cette personne car ces mots pour soigner les maux m'ont touchée. 

    Aucune idée précise d'éventuels achats. Je suis là pour observer, découvrir les dessous d'une telle organisation. J'attéris, je ne sais comment, au stand G4, le stand de mon libraire. Stand où sont attendus Catherine Locandro, fabuleuse auteure de L'enfant de Calabre, Monsieur Estrosi, Marc Magro, Bernadette Chirac, et bien d'autres auteurs. 

    Marc Magro est présent. Timidement je m'approche. Son livre est sur ma liste d'achat. Autant j'aime lire, partager mes lectures, autant je me sens gauche quand il s'agit d'aborder un auteur. Allez savoir pourquoi. Bref, je saisis "Médecin d'urgences", lit la quatrième de couverture, et mon choix se confirme, je vais acquérir ce bouquin. La conversation s'engage entre lui et moi. Je lui passe le bonjour de Caroline, l'attachée de presse de sa maison d'édition, First. Il en est touché. Nous discutons de tout et de rien, et il est cette rencontre de ce jour. Un homme attachant, avec beaucoup d'humour et surtout d'une modestie attendrissante. Bilan : trente minutes de bavardages et quatre bouquins de Marc Magro dans ma besace, et une très belle rencontre. 

    Pas une heure que je suis là et déjà six livres... 

    Un passage par le stand Nice Matin pour écouter la truculente Maud Tabachnik, qui n'a pas sa  langue dans sa poche. S'en suit David Foenkinos, décontracté, souriant, tel que je le  connais. Un plaisir auditif.

    L'après-midi se poursuit d'allées en allées, de présentations en présentations, et d'achats en achats, de découvertes en découvertes.

    Je rentre chez moi, heureuse de cette première journée.

    Que me réserve demain ? 




  • L'Enfant de Calabre de Catherine Locandro - EHO

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    Nouvelle année, nouveaux romans au rayon de mon libraire niçois et mon choix se porte en particulier sur L’enfant de Calabre pour plusieurs raisons : je suis niçoise d’adoption depuis trente ans, je connais (un peu) Catherine, l’auteure, et j’adore l’Italie. Trois bonnes raisons à laquelle rajoutons que les précédents romans de Catherine m’avaient emballée par une plume juste, vive, fine et douce.

    Au cours des premières pages je suis un peu perdue :

    • 1937 – 1954 – 2011,
    • l’Italie, l’Indochine et Nice
    • une femme que l’on enterre comme une paria « Quelques mots d’un prêtre ont peut-être précédé cette ultime punition, ce reniement absolu de ce que tu avais pu être, de ton existence toute entière »
    • Lui qui vit la guerre d’Indochine avec Mattéo à Diên Biên Phu, « Lui vivait comme un insecte, sous terre, dans des alvéoles qui menaçaient à chaque tir d’obus de s’effondrer pour l’ensevelir. Une termitière à échelle humaine cernée de collines sombres », et, 
    • Frédérique, niçoise, trente neuf ans « Et puis trente-neuf ans, c’était une sorte de non-âge. Tant qu’à être arrivée jusque-là, autant atteindre la quarantaine ».

    Puis au fil des deux cent soixante-huit pages, tout s’éclaircit, tout se confond, tout s’enchevêtre, tout est suspens, émotions, rires, pleurs, douleurs et douceurs. Un succulent mélange de sensations qui s’insinuent en moi, lectrice. Un livre qui parle pas d’amour mais des Amours avec une sensibilité poignante.

    Frédérique, narratrice et héroîne, est attachante. Je suis à ses côtés, je vois ce qu’elle voit, elle se dessine sous mes yeux. Je saurai la reconnaître parmi tous les touristes niçois qui déambulent en cette période de Carnaval à Nice. Extraordinaire coincidence que je lise ce livre qui se déroule au mois de février à Nice, en plein mois de Février. J’aimerai être l’amie de Frédérique. Comme elle, petite j’étais très intriguée par ce panneau « Détective Privé » affiché au troisième étage d’un immeuble d’angle de la zone piétonne. Je me disais que c’était un mensonge. Dans mes souvenirs, et ceux de Frédérique sont les mêmes, un détective ne devait être vu (comme dans le Club des Cinq), alors pourquoi afficher aux yeux de tous son existence ?

    Frédérique pousse les portes de cette agence particulière pour retrouver cette inconnue blonde qui avait le pouvoir de faire sourire son père, Vittorio dit Vitto. Cette blonde  présente sur un cliché trouvé en rangeant les affaires de sa mère, lors de son décès. Qui est cette femme avec son père ? Pourquoi l’air de son paternel est un air qu’elle ne lui a jamais connu ? Au dos de la photographie, le nom de l’agence. Pourquoi ? Une multitude de questions s’emparent de Frédérique, elle veut savoir, poussée par on ne sait quel motif, mais poussée par l’envie de savoir qui elle est, elle Frédérique.

    Catherine Locandro nous mène sous sa plume vive, sous ses mots recherchés et sa syntaxe douce mais oh combien puissante, de Nice à Gênes, avec des travelling arrière en Indonésie. Nous découvrons la guerre d’Indochine du point de vue de ses deux soldats italiens qui sont unis comme deux amis, deux frères. Ils vont vivre ensemble cette guerre, connaître la peur, la faim, la honte, la souffrance mais non ils ne vont pas mourir car quelqu’un les attend quelque part. C’est leur motivation cette correspondance avec ces deux jeunes filles italiennes. Lui va vite cesser cet échange épistolaire de part sa promotion au sein du bataillon, et de part une non-envie d’écrire. Mattéo va continuer à coucher les mots sur des bouts de papier pour Barbara, fille mère de dix sept ans, avec qui il échange. Puis tout s’arrête. Barbara a trouvé un homme en Italie, l’annonce à Mattéo, qui ne sait  donc plus pourquoi il continue à vivre. Lui « était un revenant, condamné à errer au milieu des vivants. Il lui arrivait encore de le croire ». Au-delà de ce flash back en 1954, de cette période de guerre, nous découvrons l’amitié fraternel entre deux hommes. Deux hommes pas très doués avec les sentiments, avec les mots mais oh combien humains, et tendres. Oui ils sont tendres ces deux-là, m’arrachant parfois quelques larmes.

    Frédérique est en quête d’identité au fil des pages. La peur l’envahit par moments, le  doute aussi. Elle veut comprendre, elle veut savoir ce qu’est son histoire, l’histoire de ses parents. Ce père qui l’aimait tant et qui était en adoration devant sa fille. Fille a qui il donne d’ailleurs le prénom francisé de sa propre mère. Cet homme qu’elle a connu ne présentait absolument pas le visage qu’elle voit sur ce cliché retrouvé. Qui était-il donc ?

    Catherine Locandro sait embarquer le lecteur dans les méandres des secrets de famille. Mais pas que.

    De ce roman, je retiendrais effectivement cette quête de soi nécessaire à tous pour vivre, s’aimer soi avant d’aimer autrui, se construire. Nous le savons tous. Un secret de famille  ne peut permettre  à la descendance de se construire comme il faudrait.  Mais ce n’est pas tant cette quête de soi qui m’a émue, je dirais même, au risque de décevoir l’auteur, certains blogeurs, et certains lecteurs, que cette recherche de vérité est seulement la trame du roman.

    Chaque page, chaque chapitre, chaque situation de ce roman est une ode à l’amour, aux sentiments vrais, à l’authenticité, et au respect de la vie de chacun. Catherine Locandro nous parle de l’amitié entre deux hommes, une amitié forte, irréelle même. Cette amitié rare, mais surtout masculine dont peu de personne parle. Oui, il existe aussi chez nos amis les hommes des émotions. Ils en sont capables, mais comme plus pudiques que nous les femmes, ils vous parleront d’amitié de bar, de fac, de lycée, de guerre… A travers chaque mot, chaque phrase nous palpons ce lien qui unit Lui à Mattéo.

    Et puis, fil d’actualité, Catherine pose des mots sur l’homosexualité, sur le regard des autres, et sur ce qu’en pensent les parents quand ils apprennent. Frédérique sera soutenue par son père quand elle lui apprendra qu’elle aime les femmes. Ce père accepte le choix de sa fille. Quelle belle leçon d’humanité et de tolérance.

    En bref, Catherine nous raconte la vie et surtout l’amour d’un oeil et d’une plume douce, criante de vérité, pudique mais oh combien incisive. Je referme le livre, heureuse et adoucie, troublée et émue. J’attendrais l’embellie pour rédiger ma chronique…Non, le 24 février est trop loin.

    Un livre à acquérir, à lire, et à partager.  

    PS : Deux pages ont été difficiles à lire pour moi, deux pages où Frédérique se pose dans ce bus qui l’amène là où habitaient ses parents, là où un 27 décembre 2012 ma vie a basculé. C’était mon chemin, et celui de Frédérique, vers une vérité. Nous avons eu le même chemin.