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  • Les Thermes du Paradis d'Akli Tadjer - JCLattès

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    Akli Tadjer est un habitué de mon blog, car il est un auteur que j'apprécie, car il est un homme bienveillant, car il est de ces auteurs qui maîtrise une plume vive, alerte et humoristique. 

    Rencontré voici deux ans, au détour d'un stand du Salon de Livre de Nice, je lui dois de belles rencontres, telles Gilles Paris, Grégoire Delacourt, Delphine Bertholon... J'ai découvert son talent voici deux ans à peine.  Il est aussi une belle rencontre littéraire pour quelques amies, dont Marion, l'amie d'enfance. 

    Il nous revient en 2014 avec "Les Thermes du Paradis". Un opus de 314 pages paru aux éditions JCLattès en Mars 2014, reçu dans ma boîte aux lettres à cette période. Mon retard de chronique est dû à quelques soucis seulement, car ce livre fait partie de mes coups de cœur pour ce premier semestre 2014.

    Je retrouve la plume d'Akli, je retrouve son style, son humour et surtout son don à tourner toute situation dramatique en comédie, en rires. 

    Dès la première page, le ton est donné avec cette superbe citation de Romain Gary "Il ne faut pas avoir peur du bonheur, c'est seulement un bon moment à passer". 

    Adèle est à la tête d'une entreprise familiale, une entreprise de pompes funèbres, bref elle est croque-mort. Sa meilleure amie et co-locataire, Leila,est elle thanatopractrice (elle répare les morts pour les rendre beaux). Les personnages et le décor sont plantés dès les premières pages, et l'on se demande où va nous mener la plume d'Akli. Il rompt avec ses précédents romans par cette présentation d'un monde où l'on pense que le rire et l'humour ne peuvent avoir place. Cependant, on retrouve l’œil perçant de cet auteur, cette facilité à injecter de l'humour dans toutes situations. Parfois caustique, parfois cassant, Monsieur Tadjer nous promène par le bout du nez par le bout de sa plume. 

    Adèle est célibataire, ne trouve pas chaussure à son pied. Faut dire qu'annoncer son métier en fait fuir plus d'un. Cependant, sa sœur bienveillante lui organise la fête de ses trente ans qu'elle s'apprête à fêter d'ici peu. Fête à laquelle les amis d'enfance sont conviés,fête durant laquelle Adèle se doit (pour sa sœur) de trouver l'homme de sa vie. Mais Adèle se fiche de ses trente ans, elle sait qu'elle n'est pas bandante. Elle en veut à son père d'avoir hérité de lui son teint de bougie, son long nez et ses lèvres fines qui lui donnent en permanence cet air austère ou revêche.  Sans parler de ces yeux bleus, du même bleu que le détergent pour chiottes Canard WC. (p17)

    Leïla est quant à elle reniée par sa famille musulmane. Akli nous décrit avec beaucoup de réalisme et d'humour les convictions des familles musulmanes. On en rit,on est obligé, qui plus est quand tout cela est écrit par un auteur qui connaît bien le sujet. 

    Leïla est l'amie que l'on souhaite. Elle s'occupe de quatre macchabées dans une journée pour offrir une paire de Louboutin à son amie Adèle, elle lui signifie que non elle n'est pas moche, elle se trouve moche ce n'est pas pareil (p39), que quand elle aime, elle ne compte pas...Bref, l'amie, la vraie. 

    Bref, ces deux jeunes filles d'aujourd'hui vont partager leur quotidien au cours de ces quelques trois cents pages. Mais surtout, Adèle va trouver l'amour, le grand. Non, elle ne sera pas la conjointe d'un homme "normal". Elle tombe amoureuse d'un masseur qui officie aux Thermes du Paradis. Un homme noir, aveugle. Personne ne veut croire à cette histoire, sauf elle, sauf lui, sauf Leïla. 

    "J'aime être nue dans le noir avec lui. Dans le noir je m'oublie, je me donne et je me damne, le noir est la couleur de mes nuits, le noir est la couleur de mes jours, le noir est mon refuge, le noir est mon pays, le noir est la couleur de l'homme que j'aime, je suis faite pour vivre et mourir dans le noir" (p172)

    Par amour pour lui, elle va gravir tous les obstacles, elle va aller au bout de ses possibilités. Jamais elle ne va faillir, jamais elle ne baissera les bras, jamais elle se dira que cette histoire n'est pas possible. Elle aime, elle ne peut abandonner cet amour hors norme. 

    Mais Léo voudra-t-il de cet amour ? Léo, cet homme noir, qui vit dans le noir mais qui du bout de ses doigts ressent toutes les émotions de ces femmes et hommes qui viennent se faire masser. Léo qui a un coup de foudre pour Adèle. Léo pourra-t-il aussi oublier son ex-petite amie qui revient vers lui ? Léo acceptera-t-il l'opération de la dernière chance qui lui permettra de voir le monde ? Et comment réagira-t-il si la vue devait revenir ? Sera-t-il toujours aussi amoureux d'Adèle ? 

    De son handicap il en fait une force. Il apprend à Adèle à aimer de manière différente, il initie aux jeux de l'amour qui ne passent que par le toucher, l'émotion, la sensation. Léo est un homme attachant et qui tiendra le lecteur en haleine jusqu'à la dernière page, je vous l'assure. 

    Akli décrit chaque moment avec une plume fine, ardente, vive et incisive. Derrière une histoire peu banale d'amour, on ne peut être insensible aux métaphores, aux phrases de cet auteur. Il pose un regard sur tout ce qui l'entoure, il a le sens du détail, de l'analyse. Ses descriptions sont poétiques, parfois érotiques aussi. Je découvre aussi un homme qui maîtrise tous les détails des chaussures Louboutin, sujet que je ne maîtrise absolument pas. 

    Akli a du faire une immersion dans le monde féminin pour écrire un tel roman. Il décrit l'intimité des filles avec une justesse et une réalité étonnante. 

    "C'est du cinq cents calories l'unité, mais ça vaut le goût. Tant pis pour nos hanches, tant pis pour nos fesses, welcome capitons et cellulite". 

    "Tu me fatigues avec tes complexes. Il y aura toujours une fille plus belle que toi devant toi.Si Léo t'aime, il t'aimera de jour comme de nuit. Sinon c'est un con et il ne te mérite pas. Moi aussi j'ai des complexes, mais je les mets de côté et j'avance". (p201)

    Le titre du livre est pertinent, mais il aurait pu aussi être "Les cercueils ne sont ni repris, ni échangés" (p46)

    Un roman à lire, à dévorer, à embarquer cet été, à partager. 

     

     

     

     

  • Le soleil à mes pieds de Delphine Bertholon - JCLattès

    le-soleil-a-mes-pieds-292806.jpgLa rentrée littéraire est riche, on nous assomme de "nouveautés" émanant d'écrivains connus et reconnus, on les sélectionne pour les différents prix littéraires, et parmi eux, entre autre, Le soleil à mes pieds de Delphine Bertholon. On n'en parle peu et pourtant ! Entre l'auteur, le titre qui est une invitation à  l'évasion, et la stylistique, il mériterait plus. 

    Paru en août de cette année, ce quatrième roman de cette pétillante blonde mérite d'être lu, partagé et découvert. 

    Non étrangère à la plume de Delphine, j'ai été, encore une fois, emballée par ces quelques 186 pages noircies. Emballée étant synonyme d'emportée, émue par les  mots et maux qui au fil des pages m'empêchent de poser ce roman, ne serait-ce que pour aller boire un verre d'eau. Lu sur le voilier, la mer à mes pieds, et le soleil sur ma tête, il a été refermé avec "Le soleil à mes pieds"

    Deux sœurs : la Grande et la Petite. Une ville : Paris. Des sentiments : jalousie, inquiétude, énervement, liberté et j'en passe. 

    Delphine embarque sous sa plume le lecteur dans un méandre de sentiments, dans une histoire fraternelle compliquée, triste, satyrique. Et le lecteur suit, parcoure les pages, retient sa respiration, pleure, rit, sourit, angoisse.

    Au fil des pages, les nœuds  se serrent, se délient. Le lecteur halète, retient son souffle. Il veut aider la Petite, il veut gifler la Grande. Oui, l'auteure arrive à introduire le lecteur lambda dans son écriture, elle lui offre la place au premier rang pour être témoin de ce que vivent ses deux sœurs que tout oppose, sauf  ce terrible secret. 

    La Grande a tout pouvoir sur la Petite. Elle est son souffre-douleur. La Petite ne pipe mot. Elle s’exécute  Elle n'en pense pas moins, mais comment sortir de cette pression constante de la Grande. La  Petite ne peut plus penser, sa sœur pense pour elle. La petite étouffe, elle nous le livre, à nous lecteurs, mais pas à sa Grande. Étouffée  apeurée même la Petite ne travaille pas. Elle se cloître dans sa petite chambre de bonne dont la Grande a les clés. La Grande régit sa vie, son quotidien. La Petite ne peut vivre ainsi. Il faut qu'elle se détache de ce poids. Dès les premières pages, on sent une atmosphère de folie. On veut comprendre. De page en page, l'horizon s'éclaircit, puis se noircit. On oscille, tout comme je tangue sur mon bateau en lisant ce roman magnifique, qui sous son aspect est un hymne à l'amour, à la liberté. S'aimer soi, vivre soi, être soi, être libre. 

     

    Delphine Bertholon est un génie. Elle manie le verbe comme personne. Des phrases courtes, concises et incisives. Elle nous entraîne dans la vie de ses deux sœurs  et ne nous donne pas l'occasion de les quitter en route. Elle fait danser les mots, les métaphores sous nos yeux. Un pur moment de bonheur et de détente. 

    Merci Delphine pour ce roman, et  à bientôt je l'espère.

    Promis je me vêtirai de lin. 

  • A paraître en 2012, et à ne pas rater

    Dernière chronique : promis, juré..... 

    Encore des livres à paraître pour cette nouvelle année qui s'annonce. Des livres que j'attends avec une très grande impatience car il s'agit d'auteurs dont j'ai largement apprécié leurs écrits en 2011. 

    Flammarion 

    J'attends avec une très grande impatience la suite astrologique d'André Boris. Quels seront les signes astrologiques pour cette année 2012 qui feront la joie de la plume moderne d'André.

    Sylvie Bourgeois nous a fait visiter Cannes et ses dessous avec son héroîne Sophie. Le prochain opus "Sophie au Flore" est annoncé pour cette année 2012. On guette sa sortie donc.

    Un souhait, un rêve, une envie : Que la plume de Barbara soit de nouveau dans les sorties littéraires 2012. Il vous reste douze mois, chère Barbara. 


    Stéphane Millon Editeur

    travail des nuages.jpgLe travail des nuages - Fanny Salmeron (avril 2012)

    Année zéro, Éloïse a quatorze ans et tombe amoureuse d’Andrea. Mais Andrea est fiancé à une autre. Ce sont des choses qui arrivent.

    De l’année zéro jusqu’à l’année seize, dans la vie d’Éloïse et de son petit frère Milan, il y aura des rencontres, des espoirs, un petit chat noir, une chanson de Barbara, des bonbons crocodiles, des voyages et des nuages par-dessus. Ils apprendront comment grandir le coeur serré sans jamais s’arrêter de regarder le ciel.

    L'auteur : Fanny Salmeron a 30 ans et vit à Paris avec un chat étrange qui porte le nom d’une chanson de Björk, et, tous les deux, ils sont bien contents de s’être trouvés. Son travail à plein temps, c’est de tomber amoureuse. Elle écrit dans la revue Bordel et lit en robe partout où on l’écoute. Elle a publié un remarquable premier roman, Si peu d’endroits confortables.

    Une auteure qui gagne à être connue, vive, pertinente, joyeuse et un peu déjantée comme j'adore. 


    folie furieuse.jpgFolie Furieuse - Jérome Attal (Mars 2012)

    Le lecteur de Folie furieuse va devoir aider l’héroïne à faire le bon choix. Une robe de mariée et plus que quelques jours pour trouver l’élu parmi des prétendants décidés à vous en faire voir de toutes les couleurs !

    Sur le principe et parodiant Les livres dont VOUS êtes le héros en vogue chez les adolescents, remplis de créatures, de vampires et de monstres, Jérôme Attal poursuit l’épopée de Pagaille Monstre en proposant une version fille, et offre une fantaisie littéraire et sentimentale irrésistible, où le sort de l’héroïne est véritablement entre vos mains ! Jamais vous n’aviez soupçonné à quel point il est dangereux d’être une femme en littérature !


    histoire de france.jpgL'histoire de France racontée aux extra-terrestres - Jérome Attal (Mars 2012)

    Suite à une rupture amoureuse, le narrateur se retrouve sur une planète inconnue : Zyproxia.

    Les Zyproxiens, qui évoluent dans un éternel présent, sont dépourvus de souvenirs comme d’imagination. Un problème pour les enfants qui réclament toujours des histoires avant de s’endormir ! Le chef des Zyproxiens voit donc comme une aubaine l’arrivée de notre héros, et lui demande s’il aurait la gentillesse de raconter à son fiston de merveilleuses histoires de là d’où il vient.

    L’histoire de France racontée aux extra-terrestres se compose de plus d’une trentaine de courts chapitres parmi lesquels :

    La faute à Saint-Ex - Les cow-boys et les indiens de la forêt de Marly - Et si le vase de Soissons avait été made in China ? -  L’histoire de France doit-elle avoir peur des jeunes filles au pair? ; Le go fast de la Révolution française - Ah s’il y avait eu du réseau à Roncevaux  -  Pourquoi nos cousins du Québec sont toujours enthousiastes ? - Permanence du Soleil (et de sa cour) dans la nuit parisienne...

    Vous découvrirez tout cela et davantage dans ce roman jubilatoire et poétique, inventif et malin.

    Jérome Attal m'a conquise voici quelques semaines avec "L'amoureux en lambeaux", un roman exceptionnel et une plume fluide, juste et dont le regard est simplement juste. 

    stigmates.jpgStigmates - Chloé Alifax (Avril 2012)

    Après deux ans d’absence, Louise Lockart, auteur d’un unique roman, retourne chez ses parents. Sa mère vient de tirer au fusil de chasse sur son père à cause d’une autre femme. Le petit village où elle a passé une partie de sa vie va faire resurgir dans l’esprit et le corps de Louise, des instants qu’elle croyait avoir enseveli à jamais. Louise luttera, elle tentera par différents moyens de ne pas tomber, d’affronter ses peurs et d’épauler sa mère dans ses moments de solitude, de folie et de désespérance. Mais il y a un lourd secret que Louise a gardé en elle, un secret qui lui creuse le ventre et qu’elle redoute plus encore que les souvenirs qui la guettent, une cicatrice béante, un mal qui se réveille et qui propage au plus profond de son intimité, les stigmates d’une existence meurtrie.

    Hâte de découvrir Chloé, vivement le printemps. 

     

    Amis écrivains sur Facebook

    defaut d'amerique.jpgCarole Zalberg - A défaut d'Amérique - Actes Sud

    A la disparition d'Adèle, l'amour de jeunesse de son père, Suzan, une avocate américaine, revient sur le parcours de cette femme lumineuse et étrangère issue d'une famille qui a fui la Pologne pour se réfugier à Paris au moment du ghetto de Varsovie, et découvre peu à peu en quoi elle reste, à son corps défendant, l'héritière des peurs et des déracinements de tant de générations avant elle. Avec ce roman où les fantômes sont aussi présents que les vivants, Carole Zalberg propose une rencontre inoubliable avec la grande Histoire telle qu'elle s'est incarnée à travers des individus remarquables d'humanité dont les personnages de ce roman sont autant d'exemples.

    J'ai découvert Carole en cette fin d'année 2011. Une auteure qui a les mots justes, qui a le don de transmettre émotion et sentiments par sa plume. Une auteure qui écrit aussi pour les enfants, et une femme sensible, à l'écoute. 

     

    moi et la mer.jpgArnaud Tiercelin - Moi et la Mer de Weddell - Editions du Rouergue

    Marius, 14 ans, reconnaît qu’il vit à côté de la plaque, tout le monde le dit un peu asocial et décalé… Son grand rêve ? Plonger un jour dans la mer de Weddell, en Antarctique, et vivre avec les baleines et les empereurs. Alors que le rêve de son grand frère Vincent est plus dans le goût des parents : travailler dans la finance. Aussi ils ont été d’accord pour lui payer une école de commerce privée, à Bordeaux… Dure année à passer donc : le frère n’est plus à la maison, et Marius n’est pas du genre à se fixer devant la télé avec les parents, et partager le repas du dimanche midi avec le grand père. C’est pas que sa famille soit désagréable, mais c’est la famille, trop normale, trop ennuyeuse. Et quand Vincent débarque pour le week-end, Marius ne le reconnaît plus, avec ses cheveux coupés courts, lui qui passait ses nuits à gratter la guitare et à fumer du shit. La situation avec sa petite copine Daphné n’est pas meilleure, pourtant c’est la fille la plus belle du collège et tous les autres se demandent bien ce qu’elle fait avec un type pareil. Elle l’embrasse sans arrêt à chaque interclasse, alors que lui voudrait bien être tranquille, parfois… En résumé, il étouffe, au collège, en famille, en amour… Aussi, après une rupture avec Daphné et une absence de ses parents de quelques jours, Marius saute dans un train, direction Bordeaux. Ce qui l’attend là-bas va quelque peu mettre du rythme dans sa vie : son frère s’est fait virer de son école et traîne à la fac, qui est en grève… Et Marius va y rencontrer une certaine Juliette, qui va lui faire oublier la mer de Weddell… Dans un ton décalé et drôle, Arnaud Tiercelin nous narre le quotidien d’un collégien impertinent, un gentil rebelle plein de vie, qui rêve de grand large et d’absolu quand son quotidien est tout ce qu’il y a de plus banal…

     Une vraie réussite, et une nouvelle palette pour Arnaud Tiercelin qui a donné jusque là dans le roman plutôt noir ! Très frais !


    liste de mes envies.jpgGrégoire Delacourt - La liste de mes envies - JCLattès

    Jocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€, lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.


    Et pour finir, Max Monnehay, auteure de "Corpus Christine" devrait sortir en septembre 2012, son deuxième roman, mais je ne dispose d'aucune information à ce jour. 


  • Première semaine de Janvier : nouveautés littéraires

    Dernière chronique de cette année civile qui se termine dans quelques jours. Les fêtes de Noël sont passées avec leurs lots de surprises plus ou moins agréables, mais reste cette envie, ce besoin de lire, encore et encore. 

    L'homme tout rouge, me connaissant bien, ne m'a point apporté de livres sous le sapin, mais des bons d'achat pour satisfaire mes envies littéraires. C'est ainsi que j'ai surfé sur les sites de différents éditeurs afin de planifier mes achats pour ce mois de janvier qui s'annonce. 

    Je vous livre donc ma première liste, telle que je l'ai rédigée au crayon gris sur mon carnet, c'est-à-dire par ordre chronologique. 

    Mon choix a été guidé par mes affinités avec certaines plumes, qui par le passé, m'ont touchée, et par les horizons d'attente de lectrice que je suis, créés par les éditeurs. 

    1 -  Semaine du 02 au 08 janvier


    belle famille.jpgBelle famille - Arthur Dreyfus - Gallimard - Collection Blanche

    «Madec se dirigea vers la cuisine pour chercher un couteau à pointe fine. Comme s'il était surveillé, il s'interdit la lumière. L'obscurité ne faisait pas disparaître les formes, mais les couleurs. Est-ce ainsi que voyaient les gens dans les vieux films? L'enfant ouvrit le tiroir à ustensiles.» 
    Ensuite un peu de bruit, et beaucoup de silence.

    Inutile de vous présenter Arthur, il est l'auteur de cette fin d'année avec  " le livre qui rend heureux", un bel ouvrage à offrir à n'importe quel moment de l'année. J'ai hâte de lire ce deuxième roman (considérons que "Le livre qui rend heureux" n'est pas un roman) de ce jeune écrivain brillant et talentueux. 




    passagers de l'anna.jpgLes passagers de l'"Anna C." de Laura Alcoba - Gallimard - Collection Blanche

    Au milieu des années 1960, une poignée de jeunes Argentins quittent clandestinement leur pays pour s'embarquer dans un périple qui doit leur permettre de rejoindre le Che Guevara. Ils sont prêts à donner leur vie pour qu'advienne la Révolution. 
    Laura Alcoba a composé ce roman à partir des souvenirs des rares survivants de cet incroyable voyage, dont ses parents faisaient partie et au cours duquel elle est née.

    Une auteure dont j'ignorais l'existence jusqu'alors. Une grande envie de découvrir sa plume. A suivre. 




    on ne tue pas les gens.jpgOn ne tue pas les gens - Alain Defossé - Flammarion

    « Je n’ai pas vu une seule chemise bleue, pas une voiture bleue, pas un seul uniforme. Personne ne m’a interrogé, ni le lendemain, ni après, ni depuis. Pourtant j’étais au bar ce soir-là. J’ai passé la soirée au bar ce soir-là. Ce soir-là, j’ai été le dernier à quitter le bar et les protagonistes de l’affaire, vivants et morts. Je me suis tu. Cela fait dix ans que je me tais. ». « Ce soir-là », Alain Defossé est le témoin d’une soirée qui se conclura par un meurtre. Tout à la fois récit intime, autoportrait impudique et enquête au suspense angoissant, On ne tue pas les gens est un livre puissant, habité par l’urgence à raconter enfin cette inquiétante nuit de juillet 1999.

    Traducteur d’Irvine Welsh, Chuck Palaniuk, Joseph Connolly et de Bret Easton Ellis (American Psycho), Alain Defossé, né en 1957, est aussi l’auteur de sept romans et récits. Je ne connais pas cet auteur, et il sera de ceux qui m'accompagneront pour ce mois de janvier. 


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    Les sauvages - Sabri Louatah - Flammarion

    Un samedi de mai, à Paris. Sur les affiches et les écrans, un visage souriant promet à la France que « l’avenir, c’est maintenant ». Pour la première fois, le favori de la présidentielle est un candidat d’origine algérienne. Le même jour à Saint-Étienne. Dans la turbulente famille Nerrouche, c’est la fièvre des préparatifs de mariage. On court, on s’engueule, on s’embrasse… Mais le jeune Krim, témoin du marié, ne cesse d’aller et venir, en proie à une agitation croissante dont personne ne comprend la cause. Est-ce l’atmosphère de malaise entourant l’alliance entre un Kabyle et une Arabe ? La rumeur selon laquelle le jeune époux est homosexuel ? Ou bien est-ce le flot de SMS que Krim reçoit de son mystérieux cousin ? En vingt-quatre heures seulement, tous les fils se nouent et se dénouent : la collision entre le destin d’une famille et les espoirs d’un pays devient inévitable.

    L’ambition et la fluidité de l’écriture des Sauvages, avec son étonnante galerie de personnages tour à tour émouvants et drôles, terrifiants et tragiques, l’apparente à la grande tradition romanesque du XIXe siècle. Son sens aigu de la narration et du rythme le rapproche des séries américaines les plus modernes. Les Sauvages se lit d’une traite, jusqu’à sa fin spectaculaire.

     


    les petits succès.jpgLes petits succès sont un désastre - Sonia David - Robert Laffont 

    Rose, traductrice de métier, a pour passe-temps favori de (se) faire des romans sur tout ce qui l’entoure, de préférence avec la « Pap’Team », ses amis et voisins qu’elle retrouve régulièrement au Papillon, leur bistrot de Montmartre. Dans ses tiroirs traînent des dizaines de débuts d’histoires, toutes inachevées. Le jour où elle reçoit 60 000 euros en gagnant un jeu-concours sur Internet, elle décide alors de se lancer et de prendre une année sabbatique pour consacrer à ses amis son premier vrai roman. Mais le livre, censé raconter la douceur de l’amitié et rendre hommage au plaisir de ce quotidien à la fois ordinaire et essentiel, aura au contraire pour conséquence de l’interrompre définitivement.

    Dans ce roman construit comme un puzzle où s’entremêlent le « vrai » et le « faux », Sonia David affronte et déjoue avec malice le piège du premier roman autobiographique. Chronique d’une bande d’amis, ce premier roman est aussi une réflexion sur l’écriture, une tentative de percer ce troublant dilemme du romancier : écrire, c’est forcément trahir…


    meilleure façon d'aimer.jpgLa meilleure façon de s'aimer - Akli Tadjer - JCLattès

    J’ai eu le tournis et des palpitations de cœur parce que La petite fille en robe jaune m’est apparue. Elle jouait à la marelle sur le parvis de la Grande Poste d’Alger. J’ai crié son nom, elle s’est retournée, m’a fait coucou de la main, puis elle a sauté à cloche-pied une, deux, trois cases avant de disparaître dans celle du paradis.

    Murée dans son silence, Fatima revisite son passé, ses secrets, ses histoires d’amour bâclées, faites de violence et de trahisons. Et, tout au bout de sa mémoire, tel un soleil ressuscité, surgit un petit enfant. 
    Auprès d’elle, à Paris, son fils Saïd n’a toujours pas compris pourquoi sa mère n’a jamais su lui dire qu’elle l’aime.

    La meilleure façon de s’aimer est l’œuvre la plus personnelle d’Akli Tadjer, unique dans sa façon de marier humour et tendresse. 



  • Le soleil, l'herbe et une vie à gagner - Charles et Thierry Consigny (JC Lattès)

    le soleil.jpg

     

    Je ne sais si le mot "roman" correspond réellement à ce récit d'un père à son fils, et d'un fils à son père. Il me paraîtrait plus juste de parler de témoignage, car oui il s'agit d'un témoignage.

    Un témoignage d'amour, de non-dits durant des années entre un père de famille nombreuse, et un fils en mal de vivre. 

    Tout commence par un appel téléphonique du fils à son père. Charles, le fils, appelle son père, Thierry, de l'Hôtel Dieu où il est hospitalisé, à sa demande, après un mauvais trip. 

    Charles, jeune homme qui se la pète un peu, avouons-le, se retrouve à l'Hôtel Dieu et voit alors sa vie défiler sous ses yeux. Ses rendez-vous manqués avec son père, avec lui-même.Charles ne sait plus ce qu'il veut, ce qu'il vaut, ce qu'il est. Charles souffre, et à travers sa plume il se livre d'abord à son père, car il ne sait si ce livre paraîtra un jour. Il met enfin des mots sur sa souffrance qui n'est autre que l'accumulation de souffrances enfouies. Charles pause un regard doux sur sa vie, ses choix. Son témoignage est sensible, tout comme lui d'ailleurs. Charles a vingt ans et ne sait pas, ne sait plus. Veut sans vouloir, assume sans assumer. 

    Thierry, le père, quelque peu imbu de lui-même, égoîste, ne pensant qu'à lui, son bonheur immédiat, mais sensible, à l'écoute de ses enfants même si parfois il passe à côté de l'essentiel. Thierry, ce père en souffrance, en extrême souffrance même. Les non-dits tuent sa relation aux autres, mais quand il dit, ça fait mal.

    Ces deux hommes vont se livrer à travers leurs plumes respectives, sans fausseté, sans crainte, avec leurs faiblesses, leurs forces. Ils s'aiment, s'admirent, mais ne peuvent se le dire. 

    Ce récit à quatre mains, ou à deux voix, est poignant, franc et beau simplement.

    Je salue Charles, sincèrement, pour son art délicat. L'art de parler de l'homosexualité sans tomber dans les clichés, sans vulgarité aucune, et c'est attendrissant, beau. Charles qui nous parle de ses doutes, du mal être de cette nouvelle jeunesse dorée qui sous ses airs souffre. Oui, notre jeunesse actuelle souffre du trop vite, trop rapidement, du faux semblant. 

    Un récit à lire.